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 Ministère de l'identité nationale et de l'immigration

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Lya
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MessageSujet: Re: Ministère de l'identité nationale et de l'immigration   Lun 25 Juin - 21:46

<STRONG><SPAN style="FONT-SIZE: 24pt">Le ministère de l'Immigration aurait la charge de l'intégration et des expulsions
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MessageSujet: Re: Ministère de l'identité nationale et de l'immigration   Lun 25 Juin - 21:46

L'IMMIGRATION ET L'IDENTITE NATIONALE SERONT BIEN AU MENU DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS
Un ministère à part entière dès la semaine prochaine
Algeria-Watch - Informations sur la situation des droits humains en Algérie

par L'un De Nos Correspondants A Paris: S. Raouf, Le Quotidien d'Oran, 9 mai 2007

Ce n'était pas un effet d'annonce, encore moins un propos à usage électoraliste. Le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale sera bien au coeur de la configuration gouvernementale de l'ère Sarkozy. Un «Monsieur» immigration fera partie du cabinet «resserré» qui, dans les prochains jours, posera aux photographes sur le perron de l'Elysée.

Selon des sources concordantes, la gestion des migrants sera portée par un département ministériel à part entière et non pas un simple secrétariat d'Etat ou ministère délégué. Le successeur de Chirac a voulu très vite dans la concrétisation d'une des propositions les plus controversées de sa campagne.

Avant même que les urnes ne le préfèrent à Ségolène Royal, il avait engagé la réflexion sur la faisabilité du projet et sa mise en oeuvre. Des proches y travaillent depuis plusieurs semaines si l'on en croit un journal parisien généralement bien informé sur les intentions du candidat UMP.

Aucun nom n'a été avancé pour diriger ce ministère, le premier du genre dans l'histoire institutionnelle de France. Depuis quarante-huit heures, les spéculations de presse ont avancé un nom pour quasiment l'ensemble des postes gouvernementaux, y compris le premier d'entre-eux, Matignon. Seul le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale n'a pas été doté par le jeu d'hypothèses.

Seule «beurette» à faire partie de l'état-major de campagne du chef de l'UMP, la Franco-Marocaine Rachida Data, n'a jamais été donnée comme titulaire potentielle du poste. Du reste, elle refuse de se confiner dans un rôle en fonction de ses origines. «Je ne suis pas l'Arabe qui s'occupe des Arabes».

Codifiée par le législateur depuis 1945, l'immigration sous toutes ses facettes - entrée, séjour, travail, asile et naturalisation - a toujours été gérée par trois départements ministériels.

Le ministère des Affaires étrangères s'en occupe à travers la délivrance des visas longue durée dit d'installation. L'Intérieur prend le relais pour la délivrance des titres de séjour. Le ministère du Travail et de la Protection sociale gère le regroupement familial, les permis de travail et la naturalisation. L'administration de la Justice n'est pas en reste, les tribunaux d'instance gérant une partie importante des naturalisations.

Au-delà de l'administration centrale, une multitude d'institutions et d'organismes s'occupent de la gestion des questions migratoires. Leur nombre et leurs prérogatives n'ont cessé d'évoluer au gré des changements de la loi et des énoncés des politiques gouvernementales en matière d'immigration. Derniers grands changements en date, l'Office des migrations internationales (devenue ANAEM) et l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ont été profondément réformés. Prononcée lors d'un meeting en province, l'idée de Sarkozy sur un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale a suscité une des polémiques les plus vives de la présidentielle 2007. Opposition de gauche, centristes proches de François Bayrou, association de défense des droits de l'homme et intellectuels avaient dénoncé une politique de charme en direction de l'extrême droite.

La proposition a troublé plus par l'intitulé sémantique - identité nationale - que par l'opportunité d'un département ministériel spécialement dédié aux questions migratoires. D'aucuns parmi les contestataires de l'idée sont allés jusqu'à établir un parallèle entre la thématique d'identité nationale et les intitulés de certaines institutions dans la France pétainiste.

Depuis le débat des années 1990 et la multiplication des lois sectorielles, un constat consensuel a surgi au détour des débats et des polémiques politiciennes autour de l'immigration. A droite comme à gauche, plusieurs hommes politiques, inspirés par des fonctionnaires, ont critiqué l'émiettement des administrations chargées de la gestion des étrangers. Aussi, ont-ils suggéré leur regroupement au sein d'une seule entité. Nicolas Sarkozy s'en est emparé, en y ajoutant la formule d'identité nationale. D'où une préoccupation fondée et somme toute légitime.
__________________________
Source TERRA : http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/france/immigration_identite.htm
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MessageSujet: Re: Ministère de l'identité nationale et de l'immigration   Lun 25 Juin - 21:47

Ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale : qu’en pensent les Africains ?
Le point de vue de six journalistes du continent


Les journalistes africains ne trouvent aucune circonstance atténuante à Nicolas Sarkozy. Au pire, ils jugent à la limite de la xénophobie son idée de créer un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale s’il est élu président de la République. Au mieux, ils trouvent la proposition opportuniste et chargée de visées électoralistes.

Afrik, mardi 3 avril 2007, par Saïd Aït-Hatrit


Afrik a demandé à six journalistes africains ce qu’ils pensent de l’idée de Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP aux élections présidentielles françaises du 22 avril prochain, de créer un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale s’il est élu président de la République [1]. Le moins que l’on puisse dire est que l’ancien ministre français de l’Intérieur ne trouve pas grâce à leurs yeux. Pour beaucoup, sa dernière déclaration sur la question de l’immigration ne vient que confirmer une image déjà façonnée lors de ses visites sur le continent et à l’occasion de ses précédentes sorties médiatiques.


Fayçal Metaoui, rédacteur en chef d’El Watan, Algérie
« Une nouvelle façon de diviser la France en deux »


Je trouve que l’idée est complètement stupide. Ca veut dire quoi ? Que l’on va passer les gens liés à l’immigration au scanner ? Déterminer leur religion ? La couleur de leur peau ? Cela va dans l’esprit de cet homme de droite - plus à l’extrême qu’à droite - et qui voudrait encore jouer de la carte « immigration » pour perturber les Français. C’est dans la même veine que « La France, aimez-la ou quittez-la ». C’est une nouvelle façon de diviser la France en deux : ceux qui relèveraient du ministère de l’Intérieur et ceux qui relèveraient de ce ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. Une manière de créer un traumatisme. Il n’est pas possible de prétendre lutter contre le communautarisme et diviser les gens de cette façon. Sarkozy a une image dégoûtante en Algérie. Il inspire le mépris et la crainte. On sait depuis longtemps que ses principales cibles sont les Arabes et les musulmans. Cette idée de nettoyer les quartiers au kärcher n’avait pas favorisé son image. Les Algériens se souviennent également de ses déclarations lors de la crise au Liban, selon lesquelles Israël a le droit et le devoir de se défendre. Il en est de même concernant sa position vis-à-vis de la Turquie, qui n’a pas le droit de faire partie de l’Europe car elle est musulmane. Même s’il ne le dit pas comme cela. Concernant la culture de la France, les gens de droite adorent cette idée de déclin. Pourtant, ou on accepte les autres, ou on se renferme et on se clôture.

Sekouba Samake, rédacteur en chef d’Info Matin, Mali
« Une trouvaille contre les Africains »


Le Mali est un pays d’émigration et j’ai suivi cette information comme beaucoup de mes compatriotes à Bamako. Ce que nous observons, c’est un peu d’hostilité de la part de l’ancien ministre de l’Intérieur. Voyez vous, un démocrate qui s’acharne sur des questions d’identité nationale plutôt que sur la défense des principes de la République, ça fait… frémir. Les gens vivent avec le sentiment que c’est encore une trouvaille contre les Africains. C’est ce qu’on perçoit ici de façon majoritaire. Même les régions qui sont peu concernées par l’émigration, au Mali, ont réagi cette fois pour dénoncer cette trouvaille de Sarkozy. Ce qu’il a dit de façon prosaïque lors de sa dernière visite dans le pays : « la France n’a pas besoin de l’Afrique », est resté dans l’esprit des gens. Sur tout ce qu’il fait aujourd’hui, on le ramène à cette déclaration. Je me sens profondément francophone et favorable aux opérations menées dans le cadre de la francophonie. Mais je pense que tout ce qui se fait pour l’interaction entre les cultures n’est pas forcément mauvais.

Abdoulatif Coulibaly, éditorialiste, Sud Quotidien, Sénégal
« C’est tout à fait normal de la part d’un opportuniste comme lui »


C’est tout à fait normal de la part d’un opportuniste comme lui. Tout ce qu’il peut faire pour s’attirer des voix, il le fera. Je mets ça sur le compte de l’opportunisme. Lui-même ne croit pas à cette idée de ministère… Et même s’il le créé, çe n’est pas cela qui va mettre fin à l’immigration. Au Sénégal, quelques intellectuels comme moi ont écouté ce qui s’est dit en France sur cette question, mais les Sénégalais se foutent royalement qu’il créé un ministère de ce qu’il veut. De toute façon, les gens qui veulent aller immigrer en France le feront encore. Ce n’est pas un ministère qui va faire reculer les gosses qui s’encastrent sur les vagues dans de frêles pirogues ou qui se cachent dans des trains d’atterrissage d’avions. Le Pen fait croire aux Français depuis des années que l’immigration est un danger pour l’identité nationale. Je pense que Sarkozy peut même aller plus loin que cela. Cela ne m’étonnerait pas qu’il aille dire plus de bêtises encore. Il a une conception de l’immigration, des Africains et de ce que vous appelez là-bas l’intégration… Chirac avait déjà parlé du « bruit et de l’odeur »… Rien ne m’étonne de la part de la droite française. Les hommes politiques vont dans le sens de ce que veulent les gens et un certain nombre d’électeurs vote pour le Front National. Mais la France a aussi besoin d’une politique d’immigration intelligente, pas à la limite de la xénophobie.

El Mahjoub Rouane, chef du service politique du Matin du Sahara, Maroc
« Ce sont deux concepts qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre »


Je crois que ce ministère fait un peu doublon avec l’agence de l’immigration que prône Dominique de Villepin. Le problème est qu’on ne connaît pas les compétences ni la constitution de ce ministère… C’est difficile de se prononcer. Le concept d’identité nationale est ambigu. Cela repose sur quoi ? Pourquoi la lier à l’immigration ? Ce sont deux concepts qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre. On revient à la première proposition de Nicolas Sarkozy sur l’immigration choisie, qu’il est en train de détailler. On se souvient que beaucoup de gens des banlieues avaient montré leur hostilité vis-à-vis de cette idée de séparer bons et mauvais migrants.

Ongouya Gislin Simplice, directeur de publication de L’Observateur, Congo Brazzaville
« C’est quoi cette identité nationale ? »


Nous partons du même point de vu que M. Villepin pour dire que l’intituler du ministère pose problème. On pourrait dire que c’est le style Sarkozy. Ca sent la provocation. On pourrait dire que c’est de bonne guerre car c’est la campagne électorale… Le message concerne le problème d’intégration des personnes qui émigrent vers la France : « aimez-la ou quittez-la », avait déjà dit M. Sarkozy. Il s’est adressé aux enfants qui naissent dans les banlieues, aux islamistes… Il ne sait pas faire les choses autrement. Mais les relations France-Afrique seront compliquées s’il arrive au pouvoir, car il flirt avec les thèmes de l’extrême droite. Il a déjà dit que la France n’avait pas besoin des tocards de l’Afrique et qu’il choisirait ses immigrés. Dans le débat sémantique, je ne crois pas que les deux termes « immigration « et « identité nationale » soient antinomiques. Tout le monde doit tendre vers une identité nationale… Mais est-elle définie ? Etre Français, est-ce avoir des papiers français ? Manger avec du vin à table ? C’est quoi cette identité nationale, dès lors que l’on considère le passé de la France, fait de rencontres avec d’autre peuples, qui font aujourd’hui partie de la France, d’une manière ou d’une autre. La France a une partie de l’histoire du monde à assumer. Quel est le sens de l’identité nationale lorsque l’on considère les Dom-Tom, qui n’ont pas d’identité géographique… ou Brazzaville, qui a été un temps la capitale de la France libre... Ces exemples montrent l’absurdité de la création de ce ministère. La France n’a pas besoin de cela. Je ne pense pas qu’il arrivera à cela au final.

Valéry Foungbe, secrétaire général de la rédaction de L’Intelligent d’Abidjan, Côte d’Ivoire
« Vu d’Afrique, c’est une création qui fait peur... »


M. Sarkozy, en tant que fils d’immigré, veut montrer aux Français d’origine ancienne qu’il aime plus la France qu’eux. Vu d’Afrique, c’est une création qui fait peur à certaines personnes qui souhaiteraient émigrer vers la France. Ils retiennent de Sarkozy l’image d’un ministre qui a beaucoup expulsé, notamment des Maliens. Nous avons encore dans la tête l’image des expulsés maliens et ivoiriens de Cachan. Les médias français ont tendance à faire passer la crise ivoirienne comme une crise d’identité, et quand M. Sarkozy parle de Ministère de l’identité nationale, on se demande si ce n’est pas lui qui a peur de l’autre. Son discours rejoint celui de M. Le Pen. Quand les gens discutent et se demandent “qu’est ce qu’il veut ?…”, ils se demandent si çe n’est pas encore une manière de jouer sur les peurs. Avec des visées électoralistes. La France n’a pas besoin d’un ministère de l’Identité nationale pour protéger sa culture. En a-t-elle eu besoin pour que les Thuram, Noah et Zidane brillent sous le maillot de la France ? Mais on ne peut être plus royaliste que le roi et nous savons que ce sont les Français qui choisiront le candidat qui leur plaira.

[1] 1) Que pensez-vous de l’idée de Nicolas Sarkozy de créer un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale ? 2) Cette proposition vise-t-elle une catégorie particulière de pays et de cultures ? 3) Pensez-vous que la France a besoin d’un tel ministère pour protéger sa culture ?

Source TERRA :
http://www.afrik.com/article11475.html
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MessageSujet: Re: Ministère de l'identité nationale et de l'immigration   Lun 25 Juin - 21:47

Le nationalisme « soft » de Nicolas Sarkozy
par Gérard Noiriel - Mouvements - Le 29 mars 2007


Les discours de Nicolas Sarkozy sur l’immigration et l’identité nationale peuvent être qualifiés de « nationalistes ». Mais il s’agit d’un nationalisme « soft » adapté aux lois de la démocratie télévisée auxquelles nous sommes soumis aujourd’hui.

Les discours de Nicolas Sarkozy sur l’immigration et l’identité nationale peuvent être qualifiés de « nationalistes » au sens que le dictionnaire donne à ce terme : « exaltation du sentiment national pouvant aller jusqu’à la xénophobie. » Mais il s’agit d’un nationalisme « soft » adapté aux lois de la démocratie télévisée auxquelles nous sommes soumis aujourd’hui.

Les 5 grands thèmes nationalistes du discours sarkozyste


1. Le discours sarkozyste prolonge la tradition nationaliste d’abord par son vocabulaire. Sans revenir sur le terme « racaille » que la droite « dure » avait imposé au cours des années 1930, il faut rappeler que, depuis l’affaire Dreyfus, l’immigration a fait l’objet de deux grands types de discours politiques. Le premier, ancré à gauche, privilégie « l’intégration » alors que le second, ancré à droite et à l’extrême droite, mobilise le lexique de « l’identité nationale ». Le vocabulaire identitaire a constamment été utilisé par les partis conservateurs pour marquer leur défiance et leur rejet des étrangers, perçus comme une « menace ». Quel que soit le domaine considéré, l’identité d’un groupe s’affirme toujours, en effet, par opposition aux autres (selon la logique du « eux » et « nous »). Par conséquent, l’association entre immigration et identité nationale que le candidat de l’UMP propose désormais d’institutionnaliser au point d’en faire un ministère n’est nullement fortuite. En France, depuis plus d’un siècle, ce sont toujours les immigrés qui ont fait les frais de l’exaltation de l’identité nationale.

2. Le battage autour de l’immigration « choisie » illustre un autre thème classique du nationalisme français. En affirmant que « la politique de l’immigration, c’est l’identité de la France dans trente ans » (Le Journal du dimanche du 11/03/2007), Nicolas Sarkozy réactive un argument qui illustre sa conception de l’immigration « choisie ». Cela signifie qu’en raison de leur origine ou de leur culture, certains individus ne doivent pas être accueillis en France, parce que les experts du ministère de l’Intérieur ont décrété qu’ils ne pourraient pas se fondre dans le « creuset français ». Dans l’entre-deux-guerres, le même thème avait été largement exploité dans les discours opposants les immigrés « désirables » aux « indésirables ». Ce dernier terme désignait les individus appartenant à des catégories présentées comme une menace pour la nation, en raison de leur « race », parce qu’ils étaient suspectés de véhiculer des épidémies ou de semer le désordre. Dans le discours de Poitiers (le 26 janvier 2007), Sarkozy montre clairement du doigt les nouveaux pestiférés d’aujourd’hui. L’immigration n’est abordée que pour dénoncer les clandestins, et « ceux qui veulent soumettre leur femme, ceux qui veulent pratiquer la polygamie, l’excision ou le mariage forcé, ceux qui veulent imposer à leurs sœurs la loi des grands frères, ceux qui ne veulent pas que leur femme s’habille comme elle le souhaite ».

3. On touche ici à la troisième caractéristique du nationalisme. Il consiste à sélectionner les éléments qui font l’objet d’un traitement journalistique (médiatique) négatif, pour dresser le portrait d’un groupe-repoussoir, menaçant l’identité nationale. L’opposition immigrants désirables / indésirables recoupe largement aujourd’hui l’opposition musulmans / non musulmans, constamment alimentée par l’actualité du terrorisme islamiste.

4. Le prolongement habituel de ce discours national-sécuritaire, c’est le populisme et la stigmatisation des intellectuels. Cette rhétorique repose toujours sur la même logique. « Le peuple me soutient donc ceux qui me critiquent sont des ennemis du peuple. » Le principal argument avancé par le candidat de l’UMP pour persister dans son projet de « ministère de l’identité nationale » est que les deux tiers des Français l’approuvent. Le dernier sondage de la Commission consultative des droits de l’homme montre que c’est à peu près la même proportion qui trouve qu’il y a trop d’étrangers en France (Le Monde du 21/03/2007). Contre cette démagogie populiste, il faut rappeler que, dans une démocratie, ce n’est pas parce qu’une majorité de citoyens plébiscite tel ou tel discours politicien qu’il est légitime. Sans quoi, il nous faudrait réviser l’histoire et affirmer que, finalement, les idées d’Hitler n’étaient pas si mauvaises, puisque le parti nazi a recueilli le plus grand nombre de voix aux élections législatives de juillet 1932. Ceux qui rappellent cette norme démocratique de base sont aujourd’hui dénoncés comme faisant partie des groupes qui menacent l’identité nationale. Au moment de l’affaire Dreyfus, les nationalistes s’en prenaient aux « intellectuels » suspectés de porter atteinte à l’honneur de l’armée française. Aujourd’hui, le mot « intellectuel » sert à désigner les penseurs médiatiques qui se sont ralliés au camp national-sécuritaire. C’est pourquoi Nicolas Sarkozy s’en prend à « l’intelligentsia ». En affirmant que « la France est le seul pays où une petite intelligentsia considère qu’on n’a pas le droit de parler d’identité nationale » (Vesoul, le 13 mars 2007), il mobilise ce que j’appelle « la rhétorique du retournement ». Bien qu’en réalité, ceux qui dénoncent ce nationalisme identitaire soient aujourd’hui marginalisés de l’espace médiatique, ils sont présentés ici comme des dominants, qui menaceraient la liberté d’expression du candidat courageux qui ose affronter les tabous !

5. Le dernier élément que l’on retrouve constamment dans l’histoire du nationalisme français réside dans la caution apportée par des personnalités appartenant à des institutions profondément liées au pouvoir d’État, comme l’Académie française. Dans la grande page que lui a consacrée récemment le journal Le Monde, Pierre Nora affirme lui aussi que l’identité nationale est « en crise », notamment en raison de « l’arrivée d’une nouvelle immigration, la plus difficile à soumettre aux normes des lois et des coutumes françaises. » Le directeur de la prestigieuse « Bibliothèque des histoires » de Gallimard montre, par cette phrase, le peu d’intérêt qu’il porte aux recherches qu’ont menées depuis vingt ans les historiens de l’immigration. Aucun d’entre eux n’oserait affirmer en effet qu’il est plus difficile de « soumettre » les immigrants d’aujourd’hui aux lois de la République que ceux d’hier. Il s’agit là d’un préjugé qui alimente les stéréotypes ambiants. Après avoir soutenu massivement le camp antidreyfusard à la fin du XIXe siècle, après avoir accueilli dans ses rangs, en 1938, le chef de file du nationalisme antisémite, Charles Maurras, l’Académie française semble vouloir continuer aujourd’hui à cautionner les discours les plus rétrogrades sur l’immigration.

Un nationalisme soft adapté aux contraintes de la démocratie télévisée


L’éternel retour du discours identitaire dans le débat politique français s’explique par le fait qu’il a toujours été très rentable sur le plan électoral. Il a permis dans le passé de galvaniser les foules en activant les pulsions chauvines que l’on trouve toujours, à l’état latent, dans une partie de l’opinion. Dans les années 1930, cette démagogie identitaire a plongé l’Europe et le monde dans la pire des barbaries que l’humanité ait connue depuis ses origines. C’est pourquoi, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un consensus moral avait rassemblé tous les démocrates pour tenir à distance ce type de langage, en dépit des profits électoraux qu’il était possible d’en tirer. Cette règle morale a commencé à être bafouée au début des années 1980 par le Front national. C’est à ce moment-là que le thème de « l’identité nationale » a ressurgi dans le débat politique français. Un nouveau pallier est aujourd’hui franchi puisque le candidat de la droite républicaine lui-même reprend à son compte ce langage nationaliste.

Ceci dit, il faut se garder des anachronismes. La situation politique actuelle n’a pratiquement plus rien à voir avec celle des années 1930, et nous ne sommes nullement menacés par un retour du régime de Vichy. Plutôt que de réactiver sans cesse « ce passé qui ne passe pas », nous devons essayer de comprendre les formes actuelles de cette tradition nationaliste.

Il s’agit d’un langage adapté aux contraintes d’un espace public dominé par la loi des « médias ». Ce n’est pas un hasard si Nicolas Sarkozy a annoncé la création de son « ministère de l’identité nationale » lors d’une intervention télévisée. Le nationalisme n’est plus véhiculé aujourd’hui par des militants en uniforme, faisant le coup de poing dans la rue contre les « métèques », mais grâce à des petites phrases diffusées dans toutes les chaumières par les grands groupes audiovisuels. Avant d’être lancées dans le public, ces petites phrases sont mûrement réfléchies par les nouveaux techniciens de la propagande politique que sont les conseillers en communication. Ce nationalisme ne s’exprime plus à l’aide d’un discours explicite, comme c’était le cas auparavant, mais avec des formules qui, comme les slogans publicitaires, ont pour but de déclencher des réflexes chez les citoyens-consommateurs.

Les réactions qu’ont recueillies les journalistes après l’annonce de ce « ministère de l’identité » montrent que le peuple a reçu le message 5 sur 5. Il suffit en effet de prononcer les mots « identité nationale » pour susciter des commentaires du type : « Ce n’est quand même pas aux étrangers de venir faire la loi chez nous ! » ; « S’ils ne sont pas contents, qu’ils retournent chez eux. », etc.

L’histoire montre que ce type de réactions a toujours existé dans une partie de la population française et que le rejet des nouveaux venus a constamment été alimenté par l’actualité du jour (avant-hier l’anarchiste italien, hier le communiste juif, aujourd’hui le terroriste islamiste). Mais comme les progrès des technologies de propagande permettent désormais aux entrepreneurs d’identité d’activer ces réflexes sans avoir besoin de tenir un discours nationaliste explicite, ils peuvent accuser leurs adversaires de « mauvaise foi » et dénoncer les « procès d’intention », comme l’a fait récemment Nicolas Sarkozy.

Le problème qui est posé à tous ceux qui sont aujourd’hui inquiets de ces dérives est de savoir quelle est la façon la plus efficace de réagir. Les conseillers en communication lancent délibérément des formules choc car leur but est de « faire du bruit » ; c’est-à-dire de provoquer une polémique. Ces formules sont testées avant d’être annoncées publiquement et elles ne sont mises en circulation que si des sondages ad hoc montrent qu’elles sont « bien perçues par l’opinion ». Les réactions négatives (largement prévisibles) sont dès lors intégrées dans le plan de communication, car elles confortent le positionnement du candidat. C’est pourquoi je pense que ce n’est pas en lançant chaque jour de nouvelles pétitions, qui réunissent toujours les mêmes noms, que l’on pourra contrer efficacement ce genre de propagande. La principale responsabilité des (vrais) intellectuels est aujourd’hui de procéder à « l’analyse concrète de la situation concrète » pour inventer de nouvelles formes de résistance, adaptées au monde dans lequel nous vivons.
_______________________
Source TERRA : http://www.mouvements.asso.fr/spip.php?article44
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MessageSujet: Re: Ministère de l'identité nationale et de l'immigration   Lun 25 Juin - 21:48

Immigration et l'identité nationale, deux questions inséparables

Le Figaro.fr 21 mars 2007 - 08h52

Par Maxime Tandonnet, conseiller pour l'immigration au cabinet de Nicolas Sarkozy en 2005-2006.

Les flux migratoires transforment en profondeur la société française. Leur impact est considérable sur le plan du volume. En 2003, après avoir plus que doublé en huit ans, ils ont atteint un sommet (avant de s'orienter à la baisse) : 256 600 entrées régulières, plus 82 000 demandeurs d'asile, sans compter les enfants ni les clandestins. Les nouveaux venus apportent avec eux leurs traditions, leurs croyances, leur mode de vie. Ils arrivent en France dans des conditions parfois dramatiques, victimes des filières esclavagistes, confrontés au déracinement, au chômage, à l'absence de logement.

Organisée, régulée, l'immigration pourrait être une richesse inestimable, comme le montre la réussite de nombreux migrants et de leurs enfants dans notre pays. Mais pourquoi s'aveugler sur les difficultés de l'immigration telle qu'elle s'est développée en France, globalement, pendant quatre décennies ?

Les mouvements de populations de cette ampleur se traduisent par des phénomènes de fragmentation, et de ghettoïsation. Ce qui est en cause, c'est l'unité nationale. Un rapport des Renseignements généraux de juillet 2004 dénonce ainsi le morcellement du territoire na-tional, dû à l'émergence de 630 cités sensibles dont 300 touchées par un « repli communautaire particulièrement spectaculaire », le rejet des lois de la République - qui s'exprime à travers la haine du policier -, la violence, la montée d'un racisme multiforme. Les revendications communauta&shy;ristes sont en plein essor. À l'école, à l'hôpital, la mixité homme-femme est remise en cause. La polygamie touche 200 000 personnes, 70 000 jeunes filles sont menacées de mariage forcé.

La notion d'identité nationale s'oppose justement au repli identitaire et au communauta&shy;risme. Dans son dernier livre, Qui sommes-nous ?, le philosophe américain Samuel Huntington pose la question de l'identité des États-Unis face à l'essor des « infrasociétés » qui résulte des flux migratoires. Faut-il s'interdire en France de soulever la question « Qui sommes-nous ? » ?

La création d'un « ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale » est la réponse à ce grand défi de l'avenir, dans la continuité de l'action menée depuis 2003. Son objectif est de poser les fondements d'une politique cohérente, organisée, de l'immigration. Le ministre nommé à sa tête en assumera la responsabilité globale : définition du volume et des modalités de l'immigration, en fonction des capacités d'accueil de la France (emploi, logement) ainsi que de l'intérêt des pays d'origine ; co-développement ; adaptation des nouveaux venus aux principes fondamentaux de la République, au respect de la loi, à l'égalité hommes-femmes, à l'obligation absolue de parler le français. Le ministre disposera de ses propres services, issus des ministères de l'Intérieur, des Affaires étrangères et des Affaires sociales, tout en s'appuyant sur les autres ministères, en particulier l'Education nationale.

De nombreux pays ont déjà adopté un dispositif de ce type avec des appellations diverses : ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration au Canada ; ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles au Québec ; secrétaire d'État à la Nationalité, à la Citoyenneté et à l'Immigration au Royaume-Uni ; ministre de l'Immigration et de l'Intégration des Pays-Bas ; ministre de l'Asile et des Migrations de Suède ; ministre des Réfugiés, de l'Immigration et de l'Intégration au Danemark ; ministre de l'Immigration et de la Citoyenneté en Australie ; ministre de l'Immigration et de l'Assimilation en Israël.

Le poncif habituel des milieux bien pensants (« Cela rappelle Vichy ») n'a aucun sens : le combat pour l'identité nationale se rattache bien entendu à l'action de la Résistance, pas à la collaboration... Mais si les mots effarouchent, on peut réfléchir à des synonymes, par exemple « ministère de l'Immigration et de l'Unité nationale ».


__________________
Source TERRA : http://www.lefigaro.fr/debats/20070321.FIG000000198_l_immigration_et_l_identite_nationale_deux_questions_inseparables.html
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MessageSujet: Re: Ministère de l'identité nationale et de l'immigration   Lun 25 Juin - 21:48

J. Valluy Interview "Les enjeux de 2007 - Peut-on être partisan d’un Ministère de l’Immigration ?" Interview dans le journal L’Humanité , 12 mars 2007.

Les enjeux de 2007
Peut-on être partisan d’un ministère de l’immigration ?


François Bayrou et Nicolas Sarkosy proposent , tous deux, la création d’un tel ministère. Le dernier en lui attribuant de plus la charge de « l’identité nationale »

Rappel des faits

Du discours aux préfets, le 5 mars, aux interventions de ces derniers jours, Nicolas Sarkozy brandit l’immigration comme thème de campagne et comme méthode de gouvernement. Il entend créer un ministère de « l’immigration et de l’identité nationale », et promet, pour le mois de juillet, une nouvelle loi obligeant les candidats au regroupement familial à parler français avant même d’arriver en France. Le ministère de l’immigration fait aussi partie, sans référence à l’identité nationale, du programme de François Bayrou. Réaction de Jérôme Valluy, maître de conférence en sciences politiques à la Sorbonne.

Comment analysez-vous les dernières déclarations de Nicolas Sarkozy sur l’immigration ?

Jérôme Valluy. Le discours du 5 mars est plus précis et plus fiable que les petites phrases à la télévision. Il est dans la droite ligne de sa politique, accréditant les thèses du Front national qui présentent l’immigration comme le problème central de la France d’aujourd’hui. Créer un ministère n’est pas un acte anecdotique, c’est une manière de construire « une catégorie de politique publique », de définir l’agenda politique, la priorité des sujets, la hiérarchisation des problèmes. Nous sommes face au discours de Jean-Marie Le Pen, avec, pour enjeu, la récupération de ses voix. Cela peut permettre à Nicolas Sarkozy d’atteindre cet objectif, mais il contribue surtout à faire monter en puissance ces thèses pour l’avenir. Nous sommes dans la même logique depuis 1980. Il peut aller jusqu’à créer un ministère de la préférence nationale, il sera en pleine cohérence avec lui-même. Une de ses dernières circulaires, qui propose l’aide au retour aux travailleurs immigrés en situation régulière, a fait franchir au débat politique un seuil considérable. Elle est passée inaperçue, mais c’est la première fois qu’a été avancée l’idée d’une politique de reconduite à la frontière des étrangers en situation régulière. C’est, purement et simplement, de l’épuration ethnique. Je ne lui donne pas cinq ans pour entrer dans une phase coercitive de renvoi de populations, qui ne seront plus définies par leur statut juridique, mais par leur ethnicité.

Nous avons des règles constitutionnelles, non ?

Jérôme Valluy. Les constitutions se modifient. Quand la volonté politique est là, le droit cède. Les lois antisémites ont été adoptées avec l’aval du Conseil d’État. Dans la surenchère antimigratoire, la prolifération législative joue un rôle caractéristique. Les réformes interviennent alors que les précédentes n’ont pas reçu tous leurs décrets d’application. Elles sont politiques bien avant d’être un outil technique. Leur portée principale est symbolique. Elles signifient aux Français que l’immigration est un problème crucial et qu’on s’en occupe. La question n’est pas de donner des moyens pour faire appliquer les lois précédentes, comme le dit Patrick Weil, mais de prendre conscience que nous sommes dans une course-poursuite un peu folle, qui échappe à toute rationalité démographique ou sociologique. Le problème n’est pas de lutter contre l’immigration, comme il le sous-entend, mais de lutter contre le nationalisme et la xénophobie.

La politique antimigratoire a fait mourir le droit d’asile en Europe, qu’elle assimile à l’immigration « délinquante ». Qu’en pensez-vous ?

Jérôme Valluy. En France, et plus encore en Grèce, en Italie et en Espagne, le droit d’asile étatique, prévu par la convention de Genève, ne protège plus personne. En revanche, le droit à l’asile peut s’exercer sans l’État et contre l’État, quand les citoyens ordinaires protègent les réfugiés. C’est une nouvelle forme de l’asile, avec ses prises de risques et... la marque de la bonne santé des Français.

Pour revenir à votre remarque précédente, comment lutter contre la xénophobie dans un monde politique qui refuse toute idée de libre circulation des personnes non européennes ?

Jérôme Valluy. La seule réponse est d’éclairer l’opinion publique. C’est un travail de longue haleine, de pédagogie, de la responsabilité de tous, pour faire comprendre qu’aucune société humaine n’a jamais été submergée par un tsunami migratoire. Cette idée relève du fantasme absolu. Il y a et il y aura toujours des migrations et nos frontières ne peuvent pas être fermées. Le seul résultat de ces politiques de rejet est de créer de la clandestinité, ce qui n’est pas bénéfique pour la société. Nous avons vécu avec des frontières ouvertes à des époques où les écarts de revenus entre l’Afrique et l’Europe étaient déjà grands. L’information circulait déjà, même sans la télévision. Donc, pourquoi ce qui était possible entre 1945 et 1975, ne le serait-il plus aujourd’hui ? N’oublions pas que 90 % des gens préfèrent vivre chez eux, mais en paix. Je trouve l’évolution du débat politique dans notre pays extrêmement alarmant. Il contraint les chercheurs à comparer la mise à l’écart des étrangers dans les années trente et ce qui se passe aujourd’hui, ce que nous allons faire lors d’une rencontre publique (1) du réseau scientifique Terra, le 3 avril, à la Sorbonne.

(1) Pour toute information : http://terra.rezo.net

Entretien réalisé par Émilie Rive
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MessageSujet: Re: Ministère de l'identité nationale et de l'immigration   Lun 25 Juin - 21:49

Sarkozy remet "l'identité nationale" au coeur du débat

Bruno JEUDY - Le Figaro.fr - le 10 mars 2007 : 11h15

À Caen, vendredi le candidat a répondu aux critiques sur son projet de créer un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale.


NICOLAS SARKOZY a remis ses idées au centre de la campagne. En annonçant sur France 2 son concept de « ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale », le candidat UMP a provoqué un beau tollé. Dès hier matin, la gauche, l'UDF et les associations de défense des droits de l'homme sont montées au créneau. Le socialiste François Hollande a dénoncé « un flirt poussé avec les thèses du Front national ». Le centriste François Bayrou s'est également ému : « Enfermer dans la même phrase immigration et identité nationale, je ne sais si vous voyez ce que ça cherche à évoquer mais je dis qu'il y a là une frontière franchie. » Au passage, le candidat UDF a ciblé Simone Veil qui vient de se rallier à Nicolas Sarkozy : « La Simone Veil que j'ai connue et respectée, je suis sûr qu'elle ne peut pas accepter cette approche. »

La Ligue des droits de l'homme s'est dite « scandalisée » tandis que le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié des peuples (Mrap) a fustigé une « idéologie raciste ». Jean-Marie Le Pen lui a ironisé sur « une petite opération de racolage sur les terres du Front national ».

Le candidat UMP, qui sait manier les mots, a bien sûr mûrement réfléchi à l'intitulé de son futur ministre de « l'Immigration et de l'identité nationale ». Sur le fond, sa proposition d'un ministère de l'Immigration est connue depuis longtemps. Le candidat veut regrouper un dossier éclaté aujourd'hui en trois ministères différents. Mais cette fois, il y a ajouté « l'identité nationale ». Une ex&shy;pression notamment utilisée par Jean-Marie Le Pen. Polémique garantie. En provoquant la gauche et les centristes, le ministre de l'Intérieur cherche, en fait, à reprendre la main. À provoquer le débat comme il a su le faire à tant de reprises il n'y a encore pas si longtemps. Bref, il veut redevenir le candidat de la transgression, de la rupture et, non plus, le candidat des notables. Son objectif est simple : relancer une campagne qui commence, selon certains de ses partisans, à ronronner.

Mais Sarkozy entend aussi bétonner son flanc droit au mo&shy;ment où Bayrou commence à mordre dans l'électorat modéré de l'UMP. Car l'écart se resserre dans les derniers sondages. Si Sarkozy continue de faire la course en tête - « je suis devant dans 41 sondages consécutifs, ce n'est pas rien » -, il anticipe d'éventuels nouveaux mouvements de l'opinion.

Le leader frontiste reste en embuscade


Au QG de campagne, on estime que la cote du candidat FN est sous-évaluée. Laurent Solly, le « M. Sondages » décrypte : « Le Pen est à 31 % de popularité (en hausse de 6 points) dans le baromètre Paris Match et le taux de sûreté de ses électeurs frôle les 80 %. » Il n'en faut pas moins aux sarkozystes pour considérer que le vieux leader frontiste reste en embuscade. « Le Pen est probablement plus haut que ce qu'indiquent les sondages. Trois ou quatre points de plus ne m'étonnerait pas », confie le porte-parole Xavier Bertrand, élu de l'Aisne, département où Jean-Marie Le Pen réalise de bons scores.

Convaincu que la présidentielle se jouera à droite, Nicolas Sarkozy préempte le thème de « l'identité nationale ». Anticipant ainsi une éventuelle défection de Le Pen au cas où il ne réunirait pas ses parrainages. Déjà, lors de son meeting à Cormeilles-en-Parisis (Val-d'Oise), Nicolas Sarkozy a déjà exalté, sous les applaudissements, cette « fierté d'être français ». Mais le candidat UMP a déjà prévenu qu'il entendait bien continuer. En meeting hier soir à Caen, il devait consacrer une grande partie de son discours à ce thème.
______________________
Source TERRA : http://www.lefigaro.fr/election-presidentielle-2007/20070310.FIG000000899_sarkozy_remet_l_identite_nationale_au_coeur_du_debat.html
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MessageSujet: Re: Ministère de l'identité nationale et de l'immigration   Lun 25 Juin - 21:49

Sarkozy veut un ministère de l'immigration et de l'identité nationale

Jeudi soir, sur France 2, il a posé la question de l’immigration comme une priorité s’il était élu • Réplique de François Hollande: le candidat UMP est dans «un flirt poussé avec les thèses du Front national» •


Par Ludovic Blecher - LIBERATION.FR : vendredi 9 mars 2007


Un gouvernement resserré à quinze ministres avec «des ministères qui ne ressembleraient pas à ceux d'aujourd'hui»: c’est ce qu’a proposé jeudi soir Nicolas Sarkozy sur France 2. «Un pays de 64 millions d'habitants doit avoir un nombre limité de ministères mais des ministères rebâtis», a expliqué le candidat UMP. Et de citer cet exemple: «Je veux un ministère de l'immigration nationale et de l'identité nationale parce qu'aujourd'hui, le dossier de l'immigration est explosé en trois ministères différents».

Posant la question de l’immigration comme une priorité s’il était élu, il a déclaré qu'il ferait voter dès juillet une nouvelle loi destinée à «encadrer le regroupement familial». Un texte qui poserait trois conditions pour permettre à un étranger de faire venir sa famille en France: qu'il ait un logement pour la loger «pour qu'il n'y ait plus de squats», qu'il ait des revenus pour la faire vivre et «qu'on apprenne (...) des rudiments de français avant de venir en France».

Répliquant par un communiqué à cette posture très à droite, le Parti socialiste a reproché à Nicolas Sarkozy de «désigner les immigrés et leurs familles comme des boucs émissaires» et de s’appuyer «dangereusement sur des questions identitaires». Sur France Info, le numéro un du PS a affirmé que l’annonce de la création d’un «ministère de l’immigration et de l’identité nationale» constituait «un constat d’échec» de la part de Nicolas Sarkozy, «ministre de l’Intérieur depuis cinq ans».

«Il a fait voter deux lois sur l’immigration et maintenant, il nous annonce une nouvelle loi et un nouveau ministère», s’est étonné Hollande. Selon le premier secrétaire du PS, «s’il s’agit de contrôler les flux migratoires, le ministère de l’Intérieur y suffit. S’il s’agit d’assurer l’intégration, le ministère du Travail qui est responsable de la population y suffit. (…) Immigration et identité nationale, je crains vraiment que dans cette campagne - il y avait déjà suffisamment de signes - Nicolas Sarkozy soit dans un flirt poussé avec les thèses du Front national».

Jeudi soir, sur France 2, Sarkozy a décliné ses autres priorités comme l’exonération de charges sociales et d’impôts sur les heures supplémentaires, la possibilité de racheter les jours de réduction du temps de travail et la déduction de l’impôt des intérêts payés pour l’achat d’un appartement. Ces mesures seraient votées dans le cadre d’un collectif budgétaire dès le mois de juillet s’il était élu. Il a également déclaré qu’il proposerait le doublement des peines pour les délinquants multirécidivistes et la condamnation des mineurs multirécidivistes de 16 à 18 ans aux mêmes peines que les adultes. Le candidat UMP a enfin de nouveau promis d’engager avec les partenaires sociaux des négociations sur la parité homme-femme dans les entreprises et la mise en place d’un contrat de travail unique.

Quant à son gouvernement, Sarkozy a redit qu’il souhaitait s’en tenir à 15 ministres, promettant de constituer une «équipe soudée, avec des personnalités qui viendraient d’autres formations politiques que la formation politique majoritaire». «Quand on gagne, on doit dominer son succès en ouvrant aux autres, parce qu’il ne faut se priver d’aucun talent pour faire l’équipe de France A, a-t-il expliqué. J’essaierai de choisir des femmes et des hommes en fonction de leurs compétences». Prié de dire s’il savait qui il nommerait à Matignon, il a répondu: «Forcément, à deux mois, j’ai une petite idée». Mais il n’a lâché aucun nom.

Source TERRA : http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/239801.FR.php
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MessageSujet: Re: Ministère de l'identité nationale et de l'immigration   Lun 25 Juin - 21:49

Ministère de l'immigration et de l'identité nationale
http://www.u-m-p.org/propositions

"J’ai proposé la création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, car l’intégration passe par le partage de notre culture autant que par son enrichissement. Un seul ministère doit traiter l’ensemble des questions relatives à l’immigration, à l’intégration et au codéveloppement.

Je veux un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, (…) aujourd’hui le dossier de l’immigration est explosé en trois ministères différents.

Je continuerai à parler de l’immigration en posant le problème de l’identité nationale. Ce que nous avons de plus précieux à offrir à tous ceux qui veulent vivre en France c’est la fierté d’être Français qui est bien davantage qu’un statut juridique. Le partage de cette identité qui est la nôtre, avec la culture, la langue, les valeurs qui la fondent est la condition de leur intégration réussie. Comment réussir l'intégration de ceux que nous accueillons si nous ne prenons pas la peine de leur parler du pays où ils veulent vivre ?

La France est un pays qui s’est construit par l’ouverture ; je veux que la France reste ouverte, accueillante et généreuse. Je veux que tous ceux qui aiment la France et respectent la France soit accueillis chez nous parce que nous avons besoin d’eux. Et je dis une chose : nous avons un socle de valeurs : la laïcité, la séparation du temporel et du spirituel, l’égalité entre la femme et l’homme qu’on ne bradera pas. Si vous n’expliquez pas à ceux qui vont nous rejoindre, les immigrés, qu’il y a des valeurs que nous ne négocierons pas, qui s’appelle l’identité de la France, comment voulez-vous qu’ils s’intègrent.
"

Source(s)
Mon Projet
Emission A vous de Juger sur France 2 (08/03/07)
Discours Besançon (13/03/07)
Journal de 20 heures (TF1 – 14/03/07)
____________________
Source TERRA : http://www.u-m-p.org/propositions/index.php?id=05_ministere_de_l_immigration_et_de_l_identite_nationale
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MessageSujet: Re: Ministère de l'identité nationale et de l'immigration   Lun 25 Juin - 21:50

Appel du réseau TERRA à ouvrir un chantier national de recherche,
débat et réflexion sur les orgines des nationalismes, xénophobies et discriminations
et les causes de leurs exacerbations périodiques dans l’histoire de l’humanité

Identité nationale et immigration :
inversons la problématique !


Donnez lui force, signez cet appel et faites le signer !
Publiez le à la Une de votre site, diffusez le sur vos listes de discussion...
En ligne : http://terra.rezo.net/article602.html




--
Ce message a été vérifié par MailScanner
pour des virus ou des polluriels et rien de
suspect n'a été trouvé. ==============================================
ATTENTION ! Il n'y a pas une mais deux listes du réseau TERRA :
-------------------------
1) Celle-ci = [TERRA-Infos] (27067 destinataires à ce jour) diffuse deux ou
trois messages par mois ; pour vous désabonner, cliquez sur ce lien :
http://listes.univ-paris1.fr/wws/signoff/terra-infos
-------------------------
2) [TERRA] (1939 abonnés à ce jour) diffuse gratuitement une vaste
documentation en deux ou trois messages par jour. Pour s'abonner :
http://listes.cines.fr/wws/subrequest/terra
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Pour toute demande : valluy@univ-paris1.fr
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[TERRA-Infos] est une liste de diffusion exceptionnelle du réseau TERRA
(Travaux, Etudes et Recherches sur les Réfugiés et l'Asile,
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l'envoi d'informations (Journal officiel du 23 novembre 1983) . Les adresses
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se sentent pas concernées par ces informations de faire preuve d'indulgence.
[TERRA-Infos] ne diffuse pas plus d’une dizaine de messages par an. Si
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