FORUM DE COORDINATION NATIONALE ETUDIANTE

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 Lamentable

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K20
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MessageSujet: Lamentable   Mer 4 Fév - 23:09

Un petit coup de gueule sur la tournure que prend la grève des enseignants(-chercheurs). Certes ils n'acceptent pas les modifications que veullent apporter l'Etat, enfin ils en conviennent qu'il faut que cela change mais pas comme ça et pas si vite. Donc comme tous bon Français ils manifestent et font grève. Voyant que leur cri n'est pas entendu, ils en appellent aux étudiants et là c'est parti pour la propagande et "prise en otage" de ces derniers qui comme toujours sont très difficiles à convaincre lorsqu'il s'agit de bloquer les cours vu leurs convictions et leur but dans la vie ... Quand je parle de "prise en otage" je parle notament de la rétention des notes, il est innadmissible de nous pénaliser ainsi car premièrement ceci ne changera rien à leur revendication et deuxièmement comment fait-on nos dossiers sans relevés de notes ??? à ceci peut entre autre s'ajouter les nombres d'heures qui ne se ratraperont jamais et qui certes pour les partiels ne perturberont pas les résultats( vu que se sont nos profs qui les font) mais toutes ces connaissances censées être acquises pour les concours sont où au final ??? De plus il n'est même pas immaginable de poser ces questions lors de réunions d'informations ou d'AG sous peine qu'une 30aine d'enseignants te "saute" dessus pour t'incendier et te dire que ce n'est pas leur problème ...
Ensuite les étudiants suivent leurs enseignants certes, la budgetisation des facs est douteuse et le système qui veut être mis en place vise à faire des écoles d'élites accessibles qu'aux plus riches ou travailleurs, et à sortir des gens reconnus internationnalement avec des salaires de footballeurs, mais ce qu'à oublier notre ministère c'est que l'on est en France ! Ceci signifie que le faite même de penser sortir de la médiocrité n'est même pas envisageable, le faite de travailler dure pour mériter une bourse pour ces études n'est même pas immaginable, et que en France nous aimons notre suffisance à êtres moyen partout, être passif et avoir tous sans bouger le moindre orteil. Mais là n'est pas le plus gros problème puisque les 3 quarts des étudiants ne savent même pas pourquoi nos enseignants manifestent. Certains ont peut-être entendu parler ici et là du statut des enseignants-chercheurs, de la masterisation... et encore ... il s'en suit que durant les AG étudiantes on entend voter des absurdités des plus grotesques avec des revendications telles que le salaire étudiants, que la carte étudiante équivale à une carte de séjour ... et pourquoi pas une voiure à l'obtention de la licence, une maison pour le master et le trône pour le doctorat ? voilà comment tourne ces simulacres de réunions anti-sarkozistes qu'une poignée de bergers proposent à une multitude de mouton bien garder et éduquer à les suivre.

SK
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Zamouleb



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MessageSujet: Re: Lamentable   Mer 4 Fév - 23:27

(edit : je répondrais plus tard, je vais manger)
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MessageSujet: Re: Lamentable   Jeu 5 Fév - 0:32

Citation :
Chers étudiants, voici pourquoi je ne donnerai pas vos notes
Par Nicolas Guillet | Universitaire | 01/02/2009 | 19H29

Alors que les universités s'apprêtent à entamer ce lundi un blocage de durée indéfinie, Rue89 a demandé à Nicolas Guillet, un de ses internautes, maître de conférence en droit à l'université du Havre, de nous expliquer pourquoi il s'apprête comme ses collègues à faire la grève des notes.

En nous proposant une tribune, il nous a expliqué que les enseignants havrais "bloquent le système en ne réunissant pas les jurys", "perturbent Pécresse par l'envoi des notes à son adresse e-mail puis par envoi postal".

Précisant que certains profs faisaient même téléphoner leurs étudiants au cabinet de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, il nous a proposé de publier le courrier qu'il destinait à ses élèves, dont certains commençaient à râler.

Chères étudiantes, chers étudiants,

Depuis l’affichage de l’envoi des notes à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, j’entends -et mes collègues également- monter une forme d’étonnement, d’inquiétude, voire d’exaspération parmi vous.

Le syndicat UNI (habituel cache-sexe universitaire de l’UMP) a même distribué un tract pour tenter de vous convaincre de l’absurdité de notre action… Je vais donc tenter de vous démontrer en quoi cette action n’est non seulement pas absurde mais qu’elle au contraire parfaitement légitime et légale.

Une action à la fois légale...

D'abord, notre action est tout à fait légale. En effet, la décision de renvoi des jurys d’examen comme celle d’envoi des notes à la ministre Valérie Pécresse ont été décidées par le conseil de département de Droit, repris par d’autres conseils et probablement votée vendredi prochain par le conseil d’UFR des affaires internationales, et d’autres encore. Il s’agit de nos instances représentatives, y compris les vôtres puisque vous y avez des délégués.

De même, si la grève est votée, je rappelle qu’elle est un droit constitutionnel ; il appartiendrait à chaque enseignant et personnel administratif de faire grève ou non. Donc toute action de perturbation induite par la cessation concertée du travail serait légale.

... et légitime

Ensuite, notre action est tout à fait légitime. En effet, depuis plusieurs années (processus de Bologne, LMD…), mais singulièrement avec l’entrée en vigueur de la LRU et les "réformes" actuelles, nous assistons à une lente descente de l’université publique française vers la marchandisation: on ne pense plus "pédagogie" mais "crédits ECTS"; on ne pense plus "transmission du savoir" mais "acquisition de diplôme "; on ne pense plus "esprit critique" mais "insertion professionnelle".

Sans parler de la bureaucratisation rampante qui fera bientôt passer le Gosplan et le plan quinquennal soviétiques pour une aimable plaisanterie!

Bref, une université radicalement nouvelle apparaît, centrée sur l’utilitarisme, placée dans une concurrence exacerbée entre formations supérieures. Mais sans les moyens de lutter: l’Etat se désengage financièrement, et il n’est pas question d’augmenter les frais d’inscription, ce qui pénaliserait l’accès de toutes et tous à l’enseignement supérieur public.

Pas contre toute réforme... mais contre celle-ci

Je ne dis pas qu’il faut conserver le système universitaire en l’état, ni que la professionnalisation est inutile. Je dis seulement que la pente actuelle est dangereuse parce qu’elle ne permettra pas aux étudiants de réussir. Prenons un exemple: le taux d’échec en première année. Le gouvernement dit que c’est inacceptable; nous sommes d’accord.

Mais quels moyens a-t-on pour y remédier? Très peu en réalité: impossible de créer une "propédeutique" pour que les étudiants fassent leurs 3humanités"; impossible de mettre en place des systèmes d’acquisition des connaissances et de la méthodologie par petits groupes -tout simplement parce que nous n’avons ni les moyens humains ni les moyens financiers d’actions que nous avons pourtant débattues, par exemple au sein du conseil de département de droit l’année passée.

La réalité est donc le "service minimum"… et le "double discours": d’un côté, la proclamation de "l’excellence", de l’autre la baisse des moyens d’enseigner! (Et la même logique se décline dans tous les services publics…)

A terme, en poursuivant dans cette voie, l’enseignement et l’éducation publiques seront profondément affaiblis, en contradiction totale avec la logique républicaine qui s’est construite notamment depuis la Révolution française.

Vous n'êtes pas des otages dans ce mouvement, vous en êtes acteurs

La question est donc politique: étudiantes, étudiants, que voulez-vous? Voulez-vous une université qui vous ouvre au monde, qui vous fasse réfléchir tout en vous apportant les connaissances indispensables à votre insertion dans le monde professionnel?

Ou bien voulez-vous un sous-enseignement, coupé de la recherche scientifique, destiné à faire de vous une main d’œuvre d’autant plus malléable qu’elle n’aura pas été habituée à réfléchir?

En conséquence, faut-il vous arrêter au constat de votre problème immédiat (l’impossibilité d’avoir vos notes) ou bien penser l’action actuelle dans une réflexion d’ensemble? Pensez-vous d’ailleurs sérieusement que des enseignants-chercheurs dont la vocation est de vous servir puissent songer à vous nuire?

Aussi je conclus sur l’argument selon lequel vous seriez "pris en otage"… Je pense qu’il faut justement être sérieux et que manier sans précaution cette expression est une insulte à celles et ceux qui ont été véritablement soumis à la menace de mort par prise d’otage: les résistants et les civils pendant la Seconde Guerre mondiale, Florence Aubenas ou Ingrid Bétancourt plus récemment.

Vous n’êtes justement pas des otages, bien au contraire, vous êtes -tout comme nous sommes- les acteurs de la défense et de la promotion de l’université française en général et de l’université du Havre en particulier!

>> http://www.rue89.com/2009/02/01/chers-etudiants-voici-pourquoi-je-ne-donnerai-pas-vos-notes-0

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MessageSujet: Re: Lamentable   Jeu 5 Fév - 11:13

Je voudrais aussi ajouter qu'il est faux d'analyser la colère des enseignants-chercheurs comme un réflexe "franco-gauchisant" (du style le gouvernement réforme, les gens sont pas contents, ils font grève). Même ceux qui ont été consulté et qui ont soutenu la réforme LRU ne sont pas satisfaits de ce qui se passe. Ci-joint la lettre au président de la république des Présidents d'Universités :

Citation :
Lettre à Nicolas Sarkozy, par Lionel Collet, président de la
Conférence des présidents d’université, Simone Bonnafous et Jacques
Fontanille, vice-présidents.



Par Lionel Collet, Simone Bonnafous et Jacques Fontanille, le 12 janvier 2009




La
CPU a eu un rôle déterminant dans l’élaboration de la LRU et dans sa
mise en place. SLR s’est donc souvent trouvé en profond désaccord avec
la CPU. Ceci ne nous empêche pas de noter que la lettre adressée par la
CPU au Pdt de la République traduit bien une partie de l’inquiétude des
universitaires devant la contre-réforme de l’enseignement supérieur
menée à marche forcée par ce gouvernement. Il y a par exemple dans
cette lettre une analyse du projet de modulation des services, dans
laquelle est dénoncée la conception de "l’enseignement-punition". Il y
a une reprise intéressante de la proposition que nous avions faite de
réactiver les IPES. Notre vigilance critique à l’égard de la CPU reste
entière, mais il nous parait utile de contribuer à la visibilité de cet
argumentaire. [AT pour SLR.]


Monsieur le Président de la République,


Les universités débutent l’année 2009 dans un très
grand état de tension et d’inquiétude, alors même que vous avez affiché
l’Université et la Recherche au rang des priorités nationales. Le
budget global de l’enseignement supérieur et de la recherche a été
sensiblement accru, des projets ambitieux ont été lancés, telle
l’opération campus, et dix-huit établissements accèdent, depuis
janvier, aux responsabilités et compétences élargies accordées par la
Loi LRU (relative aux Libertés et Responsabilités des Universités) que
Valérie Pécresse a préparée et fait voter dès 2007. La volonté
politique est clairement exprimée, l’élan collectif est manifestement
engagé, les défis sont propres à susciter l’enthousiasme.


Comment expliquer alors le malaise grandissant et les
mécontentements accumulés, sinon en écoutant les interrogations que
suscitent ces trois dossiers eux-mêmes ? Interrogations persistantes et
justifiées sur la proportion des moyens nouveaux qui parviennent
réellement aux universités pour améliorer leur fonctionnement quotidien
et la qualité de l’accueil des étudiants. Incompréhension et
protestations face aux suppressions d’emplois dans l’enseignement
supérieur et la recherche, qui sont totalement contradictoires avec
l’objectif affiché de porter l’enseignement supérieur français au
meilleur niveau international. Interrogations sur la réalité des
dotations de l’Etat pour les neuf campus retenus par l’opération campus
et sur le devenir des autres sites, pourtant cruciaux pour la
qualification future de notre jeunesse, et l’attractivité
internationale globale de notre système d’enseignement supérieur et de
recherche. Interrogations enfin sur le devenir des statuts des
personnels au sein des universités devenues autonomes, sur l’avenir de
la fonction publique d’Etat dans ces établissements.


Tout cela déjà mérite réponse, examen et concertation,
et pourtant trois dossiers particulièrement sensibles se surajoutent et
risquent de mettre le feu aux poudres : la modification du décret de
1984 sur le statut des enseignants-chercheurs, la formation des
enseignants et l’accord du 18 décembre dernier entre la France et le
Vatican sur la reconnaissance des diplômes nationaux.


La modification du décret de 1984 était une nécessité
car les enseignants-chercheurs demandaient que soient pris en compte
dans les services d’enseignement les enseignements assurés à distance.
Si, en 1984, on ne concevait guère les enseignements que magistraux,
dirigés ou pratiques en présence des étudiants, en 2009, en revanche,
nul ne peut discuter la nécessité de l’enseignement à distance pour les
étudiants salariés, les étudiants en situation de handicap ou encore la
promotion des enseignements français hors du territoire national. Tout
le monde s’accorde aussi sur la nécessité de prendre en compte
l’encadrement de stages, les relations internationales ou les relations
avec les entreprises dans les charges statutaires des enseignants, pour
ne citer que quelques exemples. Personne ne conteste non plus que les
enseignants-chercheurs ne consacrent pas tous le même temps à chacune
de leurs fonctions, ni pendant toute leur carrière. Ce qui crée le
malaise est la conception même de la modulation des services, telle
qu’elle ressort du projet de modification du décret, et qui revient en
fait à alourdir le temps d’enseignement de ceux que le Conseil National
des Universités aura jugé moins performants en recherche. Une analyse
primaire et simpliste pourrait trouver « normal » qu’il en soit ainsi.
L’enseignant-chercheur qui « cherche peu enseigne plus ». Mais cela
revient à considérer l’enseignement universitaire comme une activité
par défaut – ce que l’on est obligé de faire quand on n’est pas capable
de faire autre chose –, alors que l’enseignement est au contraire
l’activité la plus noble, celle qui couronne les productions de la
recherche, celle qui fait le pari de l’avenir à travers la compétence
des jeunes diplômés. En outre, une telle conception de la modulation
des services compromet définitivement l’avenir de ceux qui ne
parviennent pas à dégager du temps pour la recherche, notamment parce
que le ratio enseignant/étudiant est défavorable dans certains secteurs
ou certaines universités, ou parce que certaines filières plus
professionnalisantes demandent une plus grande disponibilité
pédagogique et organisationnelle : moins ils auront de temps pour la
recherche, moins bien ils seront évalués et moins ils seront autorisés
à faire de la recherche.


Une modulation des services qui transformerait
l’augmentation du temps d’enseignement en sanction pour recherche
insuffisante, voire en compensation pour des suppressions de postes
constatées et annoncées, et qui cristalliserait par ailleurs les
inégalités entre domaines et entre filières, créerait des dommages
irréparables au sein des communautés universitaires, sans pour autant
augmenter significativement la capacité de recherche du système
d’enseignement supérieur français.


Nous sommes favorables à une vraie modulation de
services, c’est-à-dire à une modulation reconnaissant la diversité, la
richesse et la variété de nos fonctions et résultant d’un contrat passé
entre l’université et l’enseignant, via son UFR et son équipe de
recherche, avec bien sûr une instance possible de recours en cas de
litige. Nous sommes favorables à une modulation des services organisée
par les acteurs au sein des équipes, autour de projets, pour optimiser
les capacités de recherche et de formation de l’équipe, et pour
atteindre des objectifs collectifs à moyen terme. Mais nous ne pouvons
ni admettre ni cautionner une conception restrictive et punitive qui ne
propose, de manière très significative, aucune méthode pour aider ceux
qui auraient décroché de la recherche et leur dégager plus de temps
pour s’y remettre. En l’état des projets de réforme du décret de 1984,
la modulation des services telle qu’elle est conçue ne concernerait de
fait que les marges de la communauté universitaire (d’un côté une élite
très étroite de chercheurs très actifs, et de l’autre les très rares
collègues qui ne remplissent pas leurs obligations) : mais, justement,
et en raison de cela même, elle inquiète et mécontente déjà la
communauté toute entière, qui se demande à juste titre pourquoi il
serait nécessaire de mettre en oeuvre une réforme des statuts en
général pour traiter quelques cas marginaux !


La réforme de la formation des enseignants est un autre
sujet très préoccupant pour l’ensemble des universités. La Conférence
des Présidents d’Université a soutenu l’intégration des IUFM dans les
universités et, à travers elle, l’affirmation que la formation des
maîtres était une des vocations naturelles de l’université. La CPU a
également considéré comme positif que soit exigé un master pour
prétendre à une fonction d’enseignant car cela permet à la fois de
revaloriser les salaires et d’envisager des reconversions plus faciles
en cours de carrière. Mais la précipitation dans laquelle s’est engagée
cette réforme et l’absence de réponse aux questions que nous posons
depuis des mois sur les stages, sur les conditions d’entrée dans le
métier ou sur le financement des études des futurs maîtres, rendent la
situation aujourd’hui intenable : d’un côté les universitaires ont
travaillé depuis l’été au niveau national, comme dans les académies,
sur des projets de maquette et de l’autre les programmes de concours
auxquels ces masters sont censés préparer n’ont été connus qu’en
décembre. La formation des enseignants est trop importante pour
l’avenir des connaissances et des compétences de la nation pour que
soit refusé le temps d’une réflexion nationale et d’une vraie
coordination entre les deux ministères concernés. Nous insistons tout
particulièrement sur la prise en charge financière des étudiants, et ce
pour une raison stratégique. D’aucuns disent que les économies induites
par la suppression de l’année de stage salarié seraient la motivation
principale de cette réforme, expliqueraient à la fois la précipitation
et l’incohérence du calendrier, seraient en somme la « clé » de cette
réforme ; la création d’un financement spécifique pour la préparation
des masters enseignement, sur le principe des anciens IPES qui ont joué
un rôle décisif de promotion sociale en leur temps, constituerait le
meilleur démenti par rapport à une telle rumeur : la concertation sur
l’essentiel, c’est-à-dire l’avenir de l’enseignement primaire et
secondaire, et de la formation des enseignants qui en assurent la
qualité pourrait alors s’engager positivement.


Pour finir, l’accord entre la France et le Vatican sur
la reconnaissance des diplômes nationaux ravive inutilement le débat
sur la laïcité. Selon cet accord, les diplômes délivrés par les
instituts catholiques contrôlés par le Vatican seront reconnus en
France au même titre que les diplômes délivrés par les universités
publiques. Non seulement cet accord porte sur les diplômes canoniques,
ce qui peut se concevoir mais mériterait discussion, puisque les
diplômes canoniques font partie du champ initial des instituts
catholiques, mais aussi sur les formations profanes, ce qui est
proprement inacceptable. Si le processus de Bologne instaure la
reconnaissance européenne des diplômes européens, il n’impose nullement
à chacun des Etats-membres de reconnaître automatiquement, comme
équivalents aux diplômes dispensés par ses établissements nationaux,
les diplômes des autres établissements européens. Or si la
reconnaissance des diplômes canoniques délivrés par les institutions
catholiques relève bien du processus de Bologne, notamment parce
qu’elle n’entre pas en concurrence avec les diplômes nationaux, celle
des diplômes profanes délivrés par les instituts catholiques s’impose
tellement peu que l’Union des établissements d’enseignement supérieur
catholique n’en était semble-t-il pas informée, selon La Croix du 19
décembre dernier ! Quelle nécessité d’avoir ajouté cette clause
provocatrice, qui constitue un précédent inacceptable, et qui ne peut
que soulever les protestations de l’ensemble de la communauté
universitaire, soucieuse de défendre les valeurs laïques et
républicaines ? En outre, le biais retenu pour cette démarche, à savoir
un accord international piloté par le Ministère des Affaires
Etrangères, est particulièrement incongru, s’agissant d’établissements
avec lesquels les universités françaises entretiennent depuis
longtemps, dans plusieurs régions françaises, des liens de proximité et
d’actives collaborations : ce type d’accord international, en effet,
conduit à rappeler que chaque institut catholique français est, de
droit, une implantation universitaire étrangère qui serait, pour tout
ce qui concerne le pilotage et l’accréditation des formations, une
émanation directe du Vatican. Est-ce bien l’objectif visé par la
démarche ?


Monsieur le Président de la République, afin de
garantir la sérénité dans les universités et de leur donner les moyens
de leur développement au service de la nation, il est souhaitable
d’apporter des réponses précises et durables aux questions de fond, de
prendre le temps de la réflexion sur la réforme du statut des
enseignants-chercheurs et sur la formation des enseignants et de
modifier l’accord entre la France et le Vatican afin que les diplômes
profanes ne soient pas concernés par cet accord. Nous vous prions de
croire, Monsieur le Président de la République, en l’assurance de notre
haute considération.
(source : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2324 )
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MessageSujet: Re: Lamentable   Jeu 5 Fév - 18:40

[color:d3ff="Black"]C'est pas une histoire de clivage gauche/droite, c'est une histoire de clivage intelligence/déficience mentale, et pour être plus "politique correct" respect des valeurs de l'université/irrespect. Bref, c'est du tous contre le gouvernement et ses alliés.

Citation :
Réforme de l'Université: le prix Nobel Albert Fert évoque une situation explosive

Le prix Nobel de physique Albert Fert et trois de ses collègues ont signé une tribune qui dénonce le projet de réforme de l'enseignement supérieur. Les auteurs, consultés par le ministère, écrivent qu'ils n'ont pas été écoutés. Ils jugent la réforme mal pensée, incohérente et la situation extrêmement préoccupante.

Depuis des mois, le gouvernement proclame sa volonté de réformer le système de l’enseignement supérieur et de la recherche pour le hisser au meilleur niveau mondial.

De nombreux représentants de la communauté scientifique, parmi lesquels des signataires de ce texte, ont manifesté un grand intérêt pour ce projet et ont proposé de nombreuses pistes de réflexion. Le ministère les a pieusement écoutés pour ensuite ne tenir aucun compte de leurs suggestions et remarques. Et les orientations finalement retenues, souvent en contradiction avec le but affiché, sont extrêmement préoccupantes.

Lire la suite sur le site contreinfo.info: http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2546

Mardi 03 Février 2009 - 18:04
Régis Soubrouillard
Lu 5854 fois

>> http://www.marianne2.fr/Reforme-de-l-Universite-le-prix-Nobel-Albert-Fert-evoque-une-situation-explosive_a174715.html

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Comité de Résistance Citoyenne | Coordination Nationale Lycéenne : http://lecrc.forumactif.fr/index.htm
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