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 Les syndicats sabotent la combativité des travailleurs et des étudiants

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Nico37



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MessageSujet: Les syndicats sabotent la combativité des travailleurs et des étudiants   Ven 15 Mai - 12:48

CCI Bordiguiste a écrit:
Grève à l’université de Caen : les syndicats sabotent la combativité des travailleurs et des étudiants

En dépit de ce qui semble désormais compter parmi nos défaites, nonobstant les éternelles agitations de quelques jusqu’au-boutistes et des inutiles négociations syndicales, le mouvement débuté autour de l’université de Caen en réaction au projet de réforme de l’enseignement supérieur est riche d’expériences à méditer. C’est d’abord une volonté d’agir de manière efficace qui s’est exprimée dès le début de la mobilisation. Outre le nombre important de manifestants dans les rues, tirant sans doute les leçons de la lutte contre le CPE, l’assemblée générale de l’université, où se réunissaient les enseignants, le personnel d’entretien et les étudiants, s’est immédiatement prononcée en faveur de l’ouverture de ses portes à tous, malgré la vive opposition des syndicats d’étudiants. C’est dans cet esprit d’unité et d’extension, que beaucoup ont participé, le 29 janvier, à la journée de manifestation-balade interprofessionnelle organisée par les centrales syndicales nationales. Le soir, une assemblée regroupant officiellement l’ensemble des travailleurs en lutte de l’éducation se tenait dans les locaux de l’université. Cet événement devait finalement marquer l’apogée du mouvement à Caen et les prémices de son essoufflement.
Alors que les mandarins du syndicalisme local comptaient redorer leur triste blason après l’échec de leur précédente campagne, lors de la lutte contre la loi LRU et la grève des cheminots, leur petit jeu d’auto-congratulation devait rapidement prendre fin. Les délégués syndicaux, en rangs d’oignons à la tribune, s’échangeaient la parole en se félicitant pour leur “immense victoire”, le tout saupoudré d’interminables exposés où chaque catégorie demandait, au nom de la “solidarité”, la prise en compte de son problème particulier. Comme le panégyrique corporatiste s’éternisait, de nombreuses interventions sauvages ont obligé un syndicaliste à révéler la date de la prochaine “journée d’action interprofessionnelle” : le 19 mars ! Un déluge d’interventions particulièrement hostiles s’est alors abattu sur la tribune déconfite, alimenté également par les étudiants et les quelques ouvriers du secteur privé, parfois à la retraite, qui s’étaient, malgré tout, invités à la fête.
Dans ce contexte, face au risque de débordement, le travail de division des syndicats s’est malheureusement accéléré, pour finalement atteindre un degré d’absurdité rarement égalé. Quelques jours ont suffit pour qu’une myriade d’assemblées générales se constitue, séparant les enseignants, le personnel d’entretien et les étudiants, jusque-là unis dans une même assemblée. Chaque UFR organisait sa petite assemblée, souvent le même jour que d’autres. La triste “assemblée générale des étudiants en art du spectacle” aurait pu, à elle seule, incarner le ridicule de la situation, si la véritable assemblée générale n’avait pas été rebaptisée pour l’occasion : “assemblée générale générale” dans laquelle, pour faire bonne mesure, certains individus des AG d’UFR dénonçaient l’inactivité des professeurs de latin ou le “bougisme” des étudiants en biologie.
Démoralisés et dégoûtés par ce spectacle consternant, ne sachant plus qui décide quoi, beaucoup d’étudiants et de travailleurs ont cessé de participer au mouvement. Les assemblées se vidaient à vu d’œil, tout comme les rues, les jours de manifestation. D’autres, sous l’impulsion des syndicats ou des partis gauchistes, sont tombés dans le piège des croisades perdues d’avance, avec leurs cortèges d’assauts du périphérique à trente personnes, du parvis de la mairie, de la préfecture ou autres institutions bourgeoises, le tout agrémenté d’assemblées générales sauvages de douze individus pour statuer sur des questions grotesques, ou de bagarres pour savoir s’il est légitime de retirer la batterie des téléphones afin d’éviter “les espions et les écoutes” lors des réunions d’une commission... dans la salle principale d’un bar très fréquenté.
Parce qu’un sabotage de lutte n’est complet qu’en compagnie d’un authentique sabordage des débats, parce que les multiples prises de parole des militants du PCF ou de l’UNEF, rabâchant systématiquement les mêmes slogans, ne suffisaient plus à éclipser les interventions visant à élargir la discussion au-delà du corporatisme, les syndicats d’étudiants ont brandi, alors que la lutte finissait dans l’ensemble des universités, l’arme ultime pour évacuer les discussions sur les leçons à tirer : le blocage. Si la paralysie d’une université peut auréoler le sommet d’une mobilisation et favoriser les rencontres, elle devient un véritable poison lorsque les “pro-blocages” sont trop peu nombreux et illégitimes car, dans de telles circonstances, les questions qu’impliquent une telle action sont particulièrement sensibles, divisent et cristallisent l’attention de tous, au détriment d’objectifs plus fondamentaux.
Néanmoins, malgré l’activité néfaste des syndicats, des signes très prometteurs de ré-appropriation des armes du prolétariat se sont manifestés dans les rangs étudiants. Par exemple, quelques AG d’UFR, refusant la division, ont fini par se dissoudre en rappelant la souveraineté de l’assemblée générale et le besoin d’unité. De même, les étudiants ont plusieurs fois tenté de rencontrer les ouvriers en grève de l’usine Valéo victime de chômage partiel… en vain, malheureusement, dans la mesure où les contacts se sont limités à une délégation syndicale qui, finalement, s’est interposée entre les étudiants et les ouvriers. Un groupe de discussion, fondé en réaction au contexte bougiste et corporatiste de l’assemblée générale, a mis en avant la nécessité d’appuyer l’action sur une rigoureuse réflexion et sur la clarification des enjeux plus généraux dans lesquels s’inscrivent les réformes de l’enseignement supérieur. Traduisant une réelle volonté d’échapper aux assemblées-kermesses, les réunions de ce cercle ont rassemblé un nombre relativement important d’étudiants, compte tenu de la modeste diffusion du tract d’invitation. Ainsi, le travail de sape des syndicats n’a pas réussi à noyer complètement les travailleurs et les étudiants dans le corporatisme et la division. Beaucoup d’entre nous ont essayé de fuir les manœuvres d’émiettement. Si ces actions furent minoritaires, seule la multiplication des luttes est en mesure de développer ces réflexes embryonnaires en arme de la classe ouvrière.V.
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un caenn
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MessageSujet: Re: Les syndicats sabotent la combativité des travailleurs et des étudiants   Ven 15 Mai - 19:38

faudrait peut être arrêter de reproduire ce texte pourri sur les sites et forums. Le mec qui l'a écrit n'est même pas dans la lutte !
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