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 Les corrections du Bac Pro Agricole : l'épreuve de force

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Nico37



Masculin Nombre de messages : 370
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Date d'inscription : 05/07/2007

MessageSujet: Les corrections du Bac Pro Agricole : l'épreuve de force   Mar 30 Juin - 16:29

http://www.youtube.com/watch?v=jVOIdlFfKSE

Citation :
Les corrections du Bac Pro Agricole : l'épreuve de force

Ces derniers jours, les lycées de Romans et de Tours Fondettes, où des épreuves de Bac Pro agricole devaient être corrigées, ont été le théâtre de confrontations entre forces de l’ordre et bloqueurs. Yves, enseignant correcteur témoigne de cette nouvelle manifestation de désarroi.

A l’heure du changement ministériel, l’enseignement agricole public manifeste avec des blocages de centres de correction. Le nouveau Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, Bruno Le Maire, s’attend certainement à des rapports houleux avec les agriculteurs, producteurs de lait en tête. Mais a-t-il pris connaissance de la profonde inquiétude qui mine le système enseignant agricole ?

Le Café Pédagogique relate depuis l’an passé les actions menées par les enseignants, les élèves et les parents pour défendre l’enseignement agricole public et lutter contre fermetures de classe et suppressions de postes. Rétention de notes, délégations régionales au Ministère, grèves, interventions d’élus au Sénat, rien n’y fait, le sentiment de ne pas être entendu perdure. Le dernier rendez-vous manqué date du 11 juin où une délégation, soutenue par près de 450 manifestants n’avait obtenu, de la part du Ministère, qu’une fin de non recevoir à ses revendications de maintien des emplois. Les syndicats ont donc décidé de faire passer le mouvement au cran supérieur avec un blocage des centres de corrections d’examens.

Yves, enseignant de mathématiques, était convoqué à Tours Fondettes pour participer aux corrections en compagnie de 200 collègues venus du public et du privé. Devant le tour sécuritaire pris par les évènements, il a décidé de se déclarer gréviste. Il a accepté de témoigner pour le Café Pédagogique.

Vous n’étiez pas gréviste au départ, qu'est ce qui vous a décidé?
Je savais que les corrections seraient peut-être perturbées. Lorsque je suis arrivé sur place la police avait sécurisé tous les ronds points et carrefour. A l’intérieur du lycée même, beaucoup de gendarmes patrouillaient et quadrillaient les lieux, ils étaient armés de « flashball ». Seuls les correcteurs pouvaient circuler. Les manifestants ont été repoussés à l’extérieur. On ne pouvait pas marcher sur 30 mètres sans croiser les forces de l’ordre. Cela a été le cas toute la journée.
Je me suis mis gréviste pour 2 raisons : Par soutien envers mes 70 collègues remerciés après de bons et loyaux services et les élèves qui vont en souffrir.
Par réaction au déploiement de force réalisé, voir des gendarmes en masse présents dans le lycée me perturbait énormément. Je devais corriger des copies sous surveillance policière !! Je suis allé à la rencontre des manifestants, ceux-ci ne présentaient évidemment pas un danger pour notre sécurité.
Lorsque je suis revenu à 13h en salle de correction je me sentais très mal à l’aise, je me demandais si j’étais bien en France. J’ai rangé mes affaires, j’ai averti les correcteurs que je débrayais car il m’était impossible de travailler dans ces conditions. Certains n’étaient pas contents car cela leur ferait des copies en plus à corriger, leur retour serait donc retardé. Ils avaient la possibilité de faire comme moi. A eux de prendre leurs responsabilités.
Je suis allé voir par conscience professionnel le chef de centre pour l’avertir également. D’autres collègues d’autres salles ont eu la même réaction que moi.

Quelle est la situation dans votre établissement?
Dans mon lycée, nous sommes très touchés, l’administration régionale nous a interdit fin avril de recruter en BEPA Services Aux Personnes afin de pouvoir supprimer 2 postes. 30 élèves ne seront donc pas formés dans un domaine très demandeur de personnes qualifiées. Nous avons un taux de réussite de l’ordre de 95%. Les élèves peuvent avoir du travail à la sortie ou continuer leurs études ; Beaucoup réussissent. Nous avons alerté le ministère, les élus nationaux, régionaux, locaux, les journalistes, etc.… Mais rien n’y a fait.
Nous en voulons terriblement aux décideurs, cela va laisser des traces. Les élèves nous reprochent de ne pas les avoir assez défendus. Pourtant s’ils savaient tout ce qu’on a fait. Je me suis toujours interdit de leur parler de ce problème à cause de mon devoir de réserve. »

Propos recueillis par Monique Royer

Le 19/20 du 23 juin de France 3 Centre (le reportage commence environ après 19 minutes et 30 secondes)
http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=c45a_1920&video_number=1

Le blocage du centre de Romans : http://www.ledauphine.com/romans-sur-isere-blocage-du-lycee-horticole-centre-de-correction-les-copies-du-bac-n-ont-pas-ete-corrigees--@/index.jspz?article=151746

PLP agricole Sud de la France a écrit:

Au blocage nous ajoutons les rétentions des grilles de correction ou des bordereaux de notes.
Si cela n'a pas très bien marché à Chatillon-sur-Seine (bac pro de plusieurs régions : Bourgogne, Champagne-Ardennes, Lorraine et Franche-Comté) car l'huissier à qui nous avions confié les bordreaux d'un quart des correcteurs (mais la moitié des correcteurs du public, car les correcteurs convoqués étaient pour moitié du privé et en particulier des MFR.) les a remises aux forces de l'ordre par peur des représailles de la part du ministère.
A Limoges (correction nationale des BTSA Aquacole et Productions Animales), il n'y a pas eu de blocage extérieur mais ce sont nous-mêmes correcteurs qui avons organisé la résistance avec AG, votes, élections de délégués. L'huissier a été un peu plus courageux et nous avons pu retourner chercher les grilles de correction malgré les pressions qu'il n'a pas manqué d'avoir. Pour l'instant, les délibérations prévues le jeudi 25 juin n'ont pas encore eu lieu bien sûr pour ces 2 BTSA.
Nous avons reçu une lettre en recommandé avec AR de mise en demeure moins de 48h après le dépôt chez l'huissier, et assez curieusement, les collègues n'ont pas l'air de s'affoler, on a presque pas de retours. On leur a envoyé un modèle de lettre pour répondre au DRAAF Limousin qui s'est fendu du courrier.
Cette initiative initiée par la FSU, la CGT et Sud a été suivie aussi par la CFDT du privé.
A Pau, en ce moment, l'expérience sert et le nom de l'huissier va rester secret. Par contre, le ministère fait courir toutes sortes de bruits afin de faire peur aux collègues.

Citation :
De l'animation au lycée de la Mer

Quelle ne fut pas ma surprise ce matin quand, en arrivant au lycée, je suis tombée sur une bonne vingtaine de gendarmes armés jusqu'aux dents autour et dans le bâtiment du cdi.
Le lycée de la Mer est centre de correction du bac pro agricole, le cdi est donc investi de correcteurs. Hors depuis quelques mois, des profs de l'enseignement agricole font la grève des notes, notamment pour protester contre la diminution des postes. Du coup, les centres de correction sont bloqués (voir l'article du Café pédagogique) et donc aussi le lycée de la Mer. D'où les gendarmes pour protéger les quelques correcteurs courageux contre les féroces profs en colère sonnant la corne de brume et usant, voire abusant, des pétards.

Citation :
L’appel syndical au blocus

450 manifestants à Paris :
vers le blocage des centres de correction d’examens
dans l’enseignement agricole
Communiqué de presse - 11 juin 2009

À l’appel du SNETAP-FSU (rejoint par la CGT et FO), 450 personnels de l’enseignement agricole public, accompagnés de représentants de parents d’élèves (FCPE) ont manifesté à Paris aujourd’hui.

Le SNETAP-FSU avait adressé un ultimatum au Ministre de l’Agriculture pour ce jour, en posant trois exigences :

Le rétablissement des 45 emplois de contractuels indûment supprimés et qui menacent directement le réemploi de 60 à 70 collègues contractuels ;
Le rétablissement des 88 emplois d’enseignants et 64 emplois d’administratifs au budget 2009, qui conduiraient à ne pas pouvoir organiser la rentrée prochaine correctement ;
Un moratoire sur les suppressions d’emplois dans le cadre de la préparation du budget 2010.
La délégation reçue par Claude VIAU (conseillère technique au cabinet du Ministre) et Jean-Louis BUER (Directeur Général de l’Enseignement et de la Recherche) a clairement et fermement exprimé le niveau d’exaspération des personnels qui voient leurs emplois menacés, leurs conditions de travail et la qualité de leurs enseignements dégradées, et globalement, l’enseignement agricole public menacé de disparition (suppression d’options d’enseignement, de 90 classes, fermeture de 3 établissements,...).

Depuis des mois qu’ils se mobilisent sous diverses formes, les personnels avaient adressé cet ultimatum au Ministre, en lui faisant savoir clairement que, s’il était une nouvelle fois sourd à ces revendications, c’est avec regret, mais avec détermination, qu’ils organiseraient des actions à l’occasion des examens dans l’enseignement agricole.

Mme VIAU a répondu par la négative à l’ensemble des revendications exprimées.

Après en avoir rendu compte aux manifestants, et considérant que le Ministre n’avait pas répondu à l’ultimatum qui lui avait été posé, le SNETAP et le SYAC-CGT ont appelé les personnels à organiser le blocage des corrections d’examens, en se mettant en grève à l’occasion des sessions de correction, en organisant le blocus des centres de correction, ou par tous autre moyen pacifique.

Il confirme également son appel à tous les personnels de l’enseignement agricole public à refuser les heures supplémentaires à la rentrée prochaine.

Par l’ensemble de ces actions, il est conscient d’appeler à des modalités qui ne sont pas dans les habitudes de personnels éducatifs, mais considère que, par son refus obstiné à prendre en compte les demandes des usagers et des personnels, le Ministre est pleinement responsable du blocage de la situation et des conséquences que ce blocage va entraîner sur le plan administratif et financier.

Paris, le 11 juin 2009
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