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 Odon Vallet et le déni du viol

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céline
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Féminin Nombre de messages : 407
Age : 32
Date d'inscription : 12/06/2007

MessageSujet: Odon Vallet et le déni du viol   Ven 17 Aoû - 17:26

Trouvé sur : http://www.chiennesdegarde.org/article.php3?id_article=236

parMathieu
M. Odon
Vallet s’inquiète, dans Le Monde daté du 6 juin 2002. La France a un
problème, c’est que la moitié des crimes, nous dit-il, jugés en France,
sont des crimes sexuels. Alors plutôt que de s’inquiéter du nombre en
hausse des victimes et de l’état de la société qui ne sait comment
enrayer cette criminalité, il envisage une solution plus radicale :
cessons d’emmerder les violeurs. Non, la justice n’est pas un "tribunal
des moeurs", car les viols ne sont pas une question de moeurs. Ce sont
avant tout des crimes, et c’est ce qu’Odon Vallet a tendance à oublier.


L’argumentaire d’Odon Vallet est terriblement banal, mais pas moins inquiétant pour autant.

En somme, il suffirait d’avoir une
définition plus restrictive du viol, de faire moins de procès pour
viol, de moins emprisonner de violeurs, et tout irait déjà mieux. Mieux
pour qui ? Pour les violeurs, assurément.


Sachez, M. Vallet, que la justice a
anticipé vos désirs, puisque la majorité des viols ne font jamais
l’objet d’un procès. Pour vous satisfaire, sachez également que dans
une grande partie des cas, les viols sont déqualifiés par les juges. En
qualifiant les faits en "agression sexuelle", qui n’est pas un crime
mais un délit, on fait passer le procès au tribunal correctionnel et
non en assises, et par là on dit définitivement à la victime, avant
même que le procès débute, qu’elle n’a pas été violée.




Une étude commandée par le gouvernement ([url=http://www.social.gouv.fr/femmes/actu/doss_pr/enquete.htm/]ENVEFF),
en 2000, révélait que près de 50 000 femmes adultes sont violées en
France chaque année, chiffre auquel il faudrait ajouter les autres
catégories de victimes. D’ailleurs Odon Vallet fait peu de cas que
l’immense majorité des viols sont commis par des hommes sur des femmes.


Sur ces plus de 50 000 viols commis
chaque année (en englobant toutes les victimes), seulement 8458 en
2000, et 9574 en 2001, ont été enregistrés par la police. Est-ce encore
trop, monsieur Vallet ? Sur ces milliers de viols, seulement 1772 ont
fait l’objet d’une condamnation,
en 2000, dont 1376 en assises (criminels majeurs). Est-ce trop ? Vous
semblez aimer l’arithmétique, alors en voilà. En supposant une relative
stabilité des chiffres entre 1999 et 2000, environ 17% des viols font
l’objet d’une procédure, et 16% de ces procédures aboutissent à une
condamnation, soit même pas 3% de violeurs condamnés. Monsieur Vallet
trouve visiblement que c’est trop.


Par comparaison, la police a enregistré
1051 homicides volontaires en 2000, tandis que la même année 498
condamnations étaient prononcées pour ces crimes, soit presque 50%.
Alors qu’il soit bien clair que si les viols sont si nombreux à faire
l’objet de procès, c’est tout bonnement parce que les viols en France
atteignent des chiffres hallucinants.N’en parlons pas, ne parlons pas
des victimes, sauf lorsqu’elles sont mineures. Là, on n’a pas de mots
assez forts pour exprimer l’indignation et la colère, mais les 50 000
adultes violées chaque année n’ont droit qu’à des miettes de ces beaux
sentiments.




La remarque de monsieur Odon Vallet sur
le consentement est malheureusement très représentative de cette
hypocrisie. A mots à peine couverts, il laisse entendre que la victime
qui porte plainte ne saurait être crue lorsqu’elle dit qu’elle n’était
pas consentante. Enrobé de vocable juridique, on nous ressort donc
l’éternel argument de la femme violée parce qu’elle a "allumé" ou
"provoqué". Pour un peu il accuserait les victimes de porter plainte.
Comme Michel Schneider le faisait, avec la même malhonnêteté
intellectuelle à propos du harcellement sexuel, Odon Vallet récuse la
question du consentement à plusieurs reprises. Une fellation forcée est
un viol, et se réfugier derrière un argument culturel de mauvais aloi
(la plupart des jeunes ne considéreraient pas une fellation comme un
acte sexuel) n’est qu’une manière supplémentaire de ne s’intéresser
qu’au violeur en évacuant la souffrance de la victime, en la niant.


Voilà un homme qui, le plus
sérieusement du monde, réserve au seul crime de viol un traitement
inique : il faut juger avant le procès, contre la victime. Comment se
fait-il qu’il n’applique qu’au viol cette ignoble logique comptable ?
Pourquoi faut-il qu’il trouve gigantesque le nombre de procès pour viol
alors qu’ils ne représentent qu’une partie infime de l’activité totale
des tribunaux en France pour la bonne raison que la société s’emploie à
sommer la victime de viol de retirer sa plainte ou de minimiser le
crime du violeur ?


N’est-ce pas le rôle d’une enquête, et
d’un tribunal, de déterminer si la personne mise en examen doit être
reconnue coupable ou non ? De quel droit cet homme qui est pourtant un
juriste s’estime-t-il légitime pour trancher seul au nom de la nation ?
De quel droit accorde-t-il si peu de crédit à la parole des victimes ?
Dans quel machisme crasse a-t-il trempé son code pénal pour qu’il ne
sache plus le lire qu’avec le regard d’un avocat résolu des violeurs ?


Personne ne peut nier qu’il se passe en
France quelque chose d’une immense gravité, que de nombreux garçons ont
une vision tragiquement déformée de la sexualité et des femmes. Nul ne
peut nier l’urgence d’un effort d’éducation, effort qui n’est pas du
ressort des tribunaux. Mais il est également évident que des voix
toujours plus nombreuses minimisent la souffrance des victimes et
relativisent le viol au point de le nier. En matière d’éducation, il
apparaît pourtant que des tribunes comme celles d’Odon Vallet diffusent
à l’attention des violeurs un message permissif, sinon d’encouragement.
L’argument "éducatif" ne serait-il donc que le cache-sexe d’une
entreprise de minimisation du viol ? On a malheureusement des raisons
de le croire.


L’expression "crimes sexuels" contribue
également à cette relativisation. Seul le viol, parmi les atteintes
sexuelles, est un crime, donc cette expression n’est qu’une manière de
désigner le viol en taisant le mot. Ce faisant, le doute plane sur la
catégorie des "crimes sexuels", puisque l’auteur laisse ainsi penser
qu’elle contient d’autres atteintes qui ne sont pas criminelles,
alimentant l’idée que la loi exagère. Le goût du synonyme confine ici à
la manipulation.


Est-il normal que si peu de violeurs
soient condamnés ? Est-il normal que les coupables se voient infliger
une peine de 2 ans environ en moyenne, alors que le code prévoit
jusqu’à 15ans et 20 ans en cas de circonstances agravantes ? Est-il normal que les victimes soient humiliées d’un bout à l’autre de la procédure , et qu’on mette systématiquement leur parole en doute ?


Odon Vallet, votre argumentation
truffée d’idées reçues et de parti-pris machistes semble relever plus
des brèves de comptoirs qu’émaner d’un juriste respectant le code pénal
et les lois. Il est temps de répondre aux questions que nous soulevons
ici, au lieu de donner des excuses aux violeurs, jamais aux victimes.

Mathieu Arbogast





Odon Vallet
Le viol et la vertu
www.lemonde.fr/article/0,5987,3232--278843-,00.html
extrait libre de l’article :
"ENTRE viols et « tournantes »,
tourisme sexuel et pédophilie, la justice nationale et mondiale est un
tribunal des moeurs. Le légal et le moral ne font qu’un entre les mains
des juges et des procureurs, qui ont remplacé prêtres et confesseurs
pour défendre le bien et pourfendre le mal. Que les hommes de robe
défendent les femmes et les enfants est justifié, mais le bras séculier
de la puissance publique leur donne les armes redoutables du procès et
de la prison : la moitié des crimes condamnés en France sont des crimes
sexuels, [...]."
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Lya
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Localisation : Marseille
Date d'inscription : 09/06/2007

MessageSujet: Re: Odon Vallet et le déni du viol   Mer 22 Aoû - 21:25

Voilà l'article du monde en entier,:

Citation :
Le viol et la vertu
Article paru dans l'édition du 06.06.02




ENTRE viols et « tournantes », tourisme sexuel et pédophilie, la justice nationale et mondiale est un tribunal des moeurs. Le légal et le moral ne font qu'un entre les mains des juges et des procureurs, qui ont remplacé prêtres et confesseurs pour défendre le bien et pourfendre le mal.

Que les hommes de robe défendent les femmes et les enfants est justifié, mais le bras séculier de la puissance publique leur donne les armes redoutables du procès et de la prison : la moitié des crimes condamnés en France sont des crimes sexuels, et de nombreuses cours d'assises de majeurs ou de mineurs n'examinent plus que des affaires de viol.

On se féliciterait de ce récent intérêt de la justice pour les victimes d'agressions sexuelles si cette sévérité n'avait de graves inconvénients pour la défense des libertés et n'était de faible utilité pour la prévention des agressions : les multiples réformes du code pénal l'ont rendu incompréhensible par les justiciables, notamment par les plus jeunes.

Depuis 1980, la fellation est tenue pour un viol (article 222-23 du code pénal), passible de la cour d'assises, alors que de nombreux jeunes ne la considèrent pas comme un véritable rapport sexuel. Et la lecture des travaux préparatoires de la loi du 23 décembre 1980 montre que les parlementaires n'avaient ni conscience d'élargir grandement le champ du crime ni volonté d'augmenter beaucoup le nombre de verdicts.

De même, en abaissant à 15 ans l'âge de la majorité sexuelle pour les rapports homosexuels (l'âge est le même pour les rapports hétérosexuels), le législateur de 1982 n'avait pas pour objectif de multiplier paradoxalement les longues peines, alors qu'il maintenait l'âge de la majorité à 18 ans quand les rapports sexuels ont lieu avec une personne ayant autorité (notion difficile à définir) et qu'il aggra- vait dans ce cas les sanctions (art. 227-27 du code pénal).

Comment expliquer à des collégiens et à leurs éducateurs les subtilités d'un code entièrement refondu en 1992 et que les étudiants en droit, et parfois leurs enseignants, ont du mal à comprendre ? Entre le permis et le défendu, la barrière légale est une fracture sociale pour de nombreux jeunes des cités. Ils ne comprennent pas que ce qui est permis dans les sous-sols des clubs échangistes soit interdit dans les caves des immeubles « sociaux », comme si la population des HLM n'avait pas droit aux plaisirs « bourgeois ».

Quant à la notion de consentement, elle ne leur semble pas toujours définie avec précision, pas plus que celle de harcèlement sexuel ou d'exhibition sexuelle. Lorsque les livres à succès de Catherine Millet et de Michel Houellebecq montrent des couples et des groupes faisant l'amour en toute liberté dans des lieux ouverts au public, peut-on promettre la prison aux auteurs moins chanceux de caresses furtives et d'échanges brutaux ?

Mieux vaut donc prévenir que punir. Mais la pédagogie n'est pas facile, surtout quand les grandes religions exaltent ce que le code pénal réprime. Il interdit les mariages forcés, qu'il assimile à des viols, mais Marie avait probablement été « promise » (nous dirions aujourd'hui « vendue » en raison des contreparties financières) en mariage à Joseph vers 12 ou 13 ans, âge habituel dans la Palestine de l'époque.

Aujourd'hui, même en l'absence de toute relation sexuelle, saint Joseph serait passible de cinq ans d'emprisonnement pour soustraction de mineur à l'autorité parentale (art. 227-8 du code pénal).

Et, selon la tradition, Aïcha, l'épouse préférée de Mahomet, avait 6 ans lors de ses fiançailles et 9 ans lors de son mariage : le Prophète s'exposerait aujourd'hui à vingt ans de réclusion criminelle (art. 222-24 du code pénal).

La liberté sexuelle est celle d'avoir ou de ne pas avoir des relations sexuelles. Ce juste équilibre doit être constamment rappelé, mais un tel effort d'éducation n'est pas simple, particulièrement à l'égard des mineurs de 15 ans, car le code pénal, qui protège strictement les mineurs des majeurs, ne traite pas spécifiquement des rapports entre les moins de 15 ans.

Cette lacune, aggravée par une puberté de plus en plus précoce, n'est pas facile à combler : comment aider à grandir ceux à qui on doit rappeler leur état de mineur ? Comment responsabiliser sans infantiliser ?

La répression ne peut remplacer l'éducation : on doit mettre en garde les filles contre les tenues provocantes et les garçons contre les gestes déplacés. Et l'on demande trop à la justice, comme si un procès permettait aux victimes de faire leur deuil du passé, alors que la mise en scène d'un drame permet seulement de faire le deuil de son deuil, c'est-à-dire de clore une querelle par le constat des dommages.

On risque à la fois le racisme et le sexisme. Une grande partie des jeunes ayant fait l'objet de mesures « éducatives » ou répressives en raison de crimes ou de délits sexuels sont issus de l'immigration. Il faut donc se méfier du fantasme de l'étranger violeur ou du primitif jouisseur, tout en sachant que les civilisations traditionnelles sont généralement machistes. Entre le port du voile et le fait du viol, les jeunes filles issues des sociétés islamiques ont, avec les garçons, des rapports difficiles qu'il faut apaiser et non compliquer. Face aux menaces de mutilation et à celles d'agression, certaines jeunes Africaines subissent la guerre des sexes entre exciseuses et agresseurs. Comment leur montrer que la rencontre entre hommes et femmes doit engendrer plaisir et non douleur ?

L'école doit protéger les filles sans attaquer les garçons, qu'elle exclut trop souvent : l'échec scolaire est massivement masculin. Dans une classe destinée aux élèves en grande difficulté où sur 25 élèves il y a 20 garçons, comment parler de l'égalité des sexes et des droits de la femme ? Avec un corps professoral majoritairement féminin, comment ne pas transformer l'école républicaine en mère castratrice ? La reconnaissance des valeurs masculines n'est jamais facile : le viol (violentia) et la vertu (virtus) dérivent de la force (vis) et de l'homme (vir), et cette famille de mots latins nous montre que le courage est frère de la violence.

Pour ne pas les confondre, dans l'intérêt mutuel des deux sexes et avec le souci constant des victimes, la justice ne doit pas user de son glaive sans garder sa balance.


PAR ODON VALLET


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Mate



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MessageSujet: Mate   Jeu 3 Jan - 1:49

salut
et le viol d'une femme sur un homme?
a partir de quand peut on parler de viol?
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MessageSujet: Re: Odon Vallet et le déni du viol   

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