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 manif du 4 décembre

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Benoît

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Date d'inscription : 20/06/2007

MessageSujet: manif du 4 décembre   Sam 8 Déc - 16:05

Après l'AG du campus 1 qui a voté le déblocage (1 525 contre le
blocage, 1 122 pour), les étudiants avaient fixé un rendez vous à 14h
au phénix. Bien que la mobilisation soit un peu en deçà de celle de la
semaine dernière, on pouvait compter près de 2 000 personnes. Les
lycéens étaient aussi de la partie et ils arrivaient par petit groupe
(le lycée Malherbe regroupant environ 250 personnes). Pendant que les
manifestants continuaient d'arriver, un petit groupe s'occupait à
redécorer les vitres des tram qui passaient avec des affiches du style
"Sarko t'impressiones personne!", "Police partout, justice nulle part"
et "la répression ne nous fera pas plier!". 14h30, le cortège s'ébranle
par le Gaillon, en tête de cortège un manifestant tient un fumigène
pour donner un caractère festif à la manifestation; des lampions ont
d'ailleurs été distribués plus tôt par le comité de lutte. Les slogans
habituels sont repris en coeur par la foule.


Arrivé en place de la mare, le cortège se dirige vers les fossés Saint
Julien. Il prend ensuite la direction de l'ancien palais de justice
puis de la mairie. Celle-ci est évitée puisque les manifestants se
dirigent vers le boulevard Bertrand. Beaucoup pensent alors qu'ils
allaient se rendre une énième fois à la préfecture. Peine perdue, le
cortège bifurque vers la rue Arcisse de Caumont au dernier moment puis
remonte la rue Ecuyère. A l'intersection avec la rue Demolombe, il
prend la direction de la FNAC puis de la place de la République. Là
encore, la préfecture est proche, on sent les policiers un peu nerveux.
Mais au lieu de prendre la rue Auber comme à l'accoutumé, le cortège
continue tout droit puis tourne à gauche vers le théâtre.


Une fois la place du théâtre dépassée, les manifestants continuent par
la rue de Bernières et marquent un arrête au carrefour avec la rue
Saint Jean. Direction à droite pour descendre la rue Saint Jean. On
pense alors à la gare comme objectif. Mais rue du Havre, nouveau
changement de direction, le cortège se dirige vers l'avenue du 6 juin
qui est remontée. Une fois arrivés à la tour Leroy, les manifestants
prennent la direction du boulevard maréchal Leclerc et organisent un
sitting au carrefour juste devant l'église Saint Pierre. Le matériel
accumulé le long du parcours est déposé à l'extrémité de la rue Saint
Jean. il est alors 15h30.


10 minutes après, des manifestants commencent à brûler une palette et
des cagettes en bois au milieu de la foule. Au fur et à mesure,
d'autres matériaux viennent s'accumuler sur ce feu improvisé. Un pneu
est même jeté. Une épaisse fumée noire s'élève dans le ciel caennais.
10 minutes plus tard, un camion de pompier fait son apparition. Des
manifestants vont les voir et leur indiquent d'attendre avant
d'éteindre le feu. Il n'y aucune agressivité envers les pompiers.



15h55, les motards de la police nationale qui étaient restés
boulevard maréchal Leclerc démarrent en trombe, la voiture de la BAC
stationnée sur la voie de tram non loin du château fait de même; une
intervention est à craindre. L'escadron de gendarmes mobiles qui
devaient être stationné non loin de la préfecture fait route vers les
manifestants. Il emprunte la rue de Bernières sirène hurlante. Il prend
ensuite la rue Saint Jean et s'arrête au niveau du Printemps. Cette
arrivée des forces de l'ordre créé un vent de paniques chez les
manifestants. Certains commencent déjà à partir. Les autres décident de
renforcer la barricade avec des poubelles et autres matériaux. une
foule d'environ 1 500 personnes fait face aux forces de l'ordre.



A 16h, les gendarmes avancent à pas cadencé sur la barricade, les
premières grenades lacrymogènes sont lancées. Contrairement aux autres
actions, un certain calme règne parmi les manifestants. Après le
premier jet, il y a peu de mouvement de panique, plusieurs militants
aguerris appellent à ne pas courir. Les premières lignes restent sur la
barricade et invectivent les gendarmes, des canettes partent en leur
direction. Les premières lacrymo ont fait reculer les manifestants
d'une trentaine de mètres, ils sont désormais regroupés au niveau de la
rue Saint Pierre. Cela permet aux pompiers d'éteindre le feu. Les
gendarmes mobiles forment une ligne sur la longueur de la place Saint
Pierre. Les manifestants continuent de les insulter et de leur lancer
diverses projectiles.



Des poubelles sont trouvées dans les rues adjacentes et sont à leur
tour brûler par les manifestants. Les gendarmes lancent de nouvelles
lacrymo pour faire reculer tout ce beau monde. Ils en profitent pour
progresser. Ils arrivent finalement à former une ligne dans le
prolongement de l'entrée de l'église Saint Pierre. La BAC est aussi
présente et se préparent à procéder à des arrestations ciblées. Les
manifestants se divisent en deux groupes pour échapper aux lacrymo: une
partie se réfugie dans le château (où les portes sont rapidement
fermées), la plupart remonte la rue de Geôle au niveau de l'arrêt de
tram Quatrans. Ce dernier groupe rassemble environ 300 personnes. Il
essaye une première fois de revenir au contact mais finalement y
renonce.



Au bout d'un quart d'heure, les gendarmes mobiles commencent à se
replier. Les manifestants s'en aperçoivent et certains veulent y
retourner. Ils sont vite raisonnés et l'ensemble des manifestants
remontent vers le campus. Ceux qui s'étaient échappés par la rue Saint
Pierre et d'autres petites rues les suivent et un non millier de
manifestants arrivent sur le campus 1. Tout le monde pensait que la
journée allait se terminer à ce moment. Mais, dans un premier temps, on
apprend que le bâtiment Sciences a été vidé par le personnel IATOSS sur
ordre de la présidence. Un appel est lancé au mégaphone pour aller
occuper l'administration. Une partie des manifestants s'y rend, l'autre
reste sur les marches.
Avec le froid ambiant, certaines personnes vont chercher des poubelles
sur le campus pour se réchauffer. Elles sont disposées sur la chaussée
en haut du Gaillon. Puis, d'autres matériaux sont amenés afin d'élever
une nouvelle barricade. Des palettes de bois sont insérées dans les
poubelles afin que ces dernières s'enflamment plus facilement. A 17h,
les pompiers arrivent pour éteindre les feux de poubelles, et le même
scénario qu'à la place Saint Pierre se reproduit: attendez avant
d'intervenir.


Les manifestants font un peu plus attention car bientôt un des feux se
développent de manière inquiétante, les caténaires du tram commencent à
devenir incandescents. Un appel au mégaphone est lancé pour que les
manifestants ne restent pas dessous, des militants cherchent les agents
de Twisto pour s'assurer que le courant a été coupé.



Plusieurs militants restés en ville préviennent par téléphone
portable que les forces de l'ordre font route vers le campus 1: les
gendarmes mobiles passent par le Vaugueux, la police nationale par la
place de la mare. Les deux sorties principales du campus sont désormais
barrées par les forces de l'ordre. Un appel est lancé à rejoindre les
pelouses du campus du fait de la franchise universitaire (les forces de
l'ordre n'ont pas le droit d'intervenir sur le domaine universitaire).
Les gendarmes mobiles arrivent par la rue Lecornu et se postent à
l'extrémité de l'esplanade de la paix en tenue de maintien de l'ordre.
Le reste de manifestants leur fait face. Des slogans sont lancés à leur
encontre. Un petit Sarko noël est même chanté. Les occupants du
bâtiment de l'administration sont prévenus de l'arrivée des gardes
mobiles, ils préviennent la présidente. Celle-ci, visiblement, appelle
le préfet pour lui demander que les forces de l'ordre n'interviennent
pas sur le campus. De ce fait, les gendarmes sont allés, au plus loin,
au niveau de la voie de tram. Après 10 minutes, les gendarmes opèrent
un premier recul, ils quittent la voie de tram pour se placer sur la
chaussée. Quelques manifestants en profitent pour lancer des
projectiles; ils sont vite insulter par des militants plus
expérimentés. Les Renseignements Généraux tentent à plusieurs reprises
d'entrer en contact avec des militants influents afin de faire baisser
la tension. Les militants leur rétorquent systématiquement que le mieux
à faire est de retirer les gendarmes mobiles, les manifestants
partiront ensuite d'eux même. Il faut plusieurs minutes avant que la
tension, bien palpable, retombe. Des manifestants appellent à se
regrouper au niveau de la cour d'honneur, un appel à un comité de lutte
à 19h est aussi lancé. Ces efforts payent et petit à petit, les
manifestants sont de moins en moins nombreux. Les gendarmes effectuent
une nouvelle manoeuvre qui permet le retour de la circulation en
provenance de l'avenue d'Edimbourg. Vers 17h50, il ne reste que des
petits groupes qui discutent sur la pelouse derrière le phénix. A 18h,
les gendarmes retournent vers leurs véhicules garés rue Lecornu. Le
premier tram repasse à la station Université en provenance du CROUS. La
journée se termine finalement sans trop de dégât côté manifestants (on
compte 2 blessés légers)





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Benoît

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MessageSujet: Re: manif du 4 décembre   Sam 8 Déc - 16:07

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